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Daniel Deronda, George Eliot

2 août 2011

Présentation :

Tome 1 : Daniel Deronda (1876) est le dernier roman de George Eliot, la plus grande romancière de l’époque victorienne, connue pour ses positions féministes et la profondeur de ses analyses psychologiques. George Eliot ne s’y limite plus à l’exploration d’un microcosme géographique et social, mais présente des catégories sociales nouvelles, tout en s’ouvrant largement sur le monde. Située dans un passé proche du temps de la narration, l’histoire est traversée par les mouvements nationalistes de l’époque.

Ce roman moderne et cosmopolite, qui entraîne le lecteur de Londres à Gênes en passant par les villes d’eaux allemandes, est aussi un roman expérimental, jouant parfois avec la chronologie, et présentant une synthèse inattendue entre deux intrigues, l’histoire anglaise et l’histoire juive, racontant le destin de deux héroïnes fort différentes, la blonde Gwendolen et la brune Mirah, entre lesquelles le coeur du héros balance.

Tome 2 : Le jeune Daniel Deronda, qui a été élevé par son  » oncle  » en gentleman anglais, se voit attribuer des fonctions de passeur entre deux cultures, entre deux traditions religieuses : le hasard d’une rencontre l’amène à fréquenter la communauté juive de Londres.

Son comportement généreux et chevaleresque le rapproche de la petite chanteuse Mirah et de son frère, véritable prophète des temps modernes rêvant d’un retour en Terre Sainte pour son peuple ; mais Daniel reste attaché à la belle Gwendolen, qu’il a vue se précipiter dans un mariage d’intérêt désastreux, tournant au tragique. Dans ce roman novateur, qui, un quart de siècle avant le freudisme, pressent l’existence de territoires non cartographiés de la conscience, le héros est écartelé entre le rôle de confident que Gwendolen veut lui imposer pour échapper à ses peurs et à l’enfer de sa vie conjugale, et la mission qui lui est réservée dans le monde juif.

Ce que j’en dis:

Prévoyez du temps pour lire Daniel Deronda, car ce n’est pas un roman qu’on lit en pointillés ! Gwendolen Harleth est une jeune fille vive et pleine d’esprit, au caractère bien affirmé. Un revers de fortune la pousse dans les bras du riche Mr Grandcourt, avec lequel elle sera vite malheureuse, tandis qu’elle développe une profonde amitié pour Daniel Deronda, le pupille de sir Hugo Mallinger. Alors que Daniel éprouve une réelle fascination pour Gwendolen, qui se débat comme un animal blessé entre son mari et la maîtresse de celui-ci, il sauve de la noyade une jeune juive, Mirah, et découvre un monde complètement différent auprès de sa famille, fait de douceur et d’humilité. Animés par une foi solide et portés par l’espoir d’un retour en Israël, Mirah et son frère Mordecai bouleversent les pensées de Daniel, et vont avoir une influence décisive sur son avenir, comme le montrera le dénouement (attendu mais non moins passionnant) du roman.

Cette grande fresque, avec un volet de l’histoire des juifs anglais plutôt nouveau dans la littérature de l’époque, n’est pas animée que par le tourbillon des sentiments. George Eliot, en fine observatrice des moeurs et des actions de chacun, dépose sur leurs routes quantités d’obstacles à surmonter pour mieux faire émerger leur caractère. Un roman magnifique, porté par un véritable souffle, qu’on lit d’une traite !

Ce que j’en fais :

Un grand classique à garder dans sa bibliothèque, entre Jane Austen et Henry James. La BBC a réalisé une adaptation en 2002, malheureusement non traduite en français.

Ils en parlent aussi :

  • Plaisirs à cultiver : « La construction de l’intrigue est extraordinaire et très subtile. George Eliot manie avec brio les retours en arrière permettant d’éclairer les vies de ses personnages. »
  • Critiques libres : « C’est génial ! Jetez-vous sur ce livre ! »
  • Et sur Babelio

Je vous recommande :

5 commentaires

  • Répondre Alice 29 septembre 2011 at 17 h 31 min

    Ah, il est dans ma PAL, j’avais même commencé à en lire quelques pages mais j’avoue que je me laisse toujours décourager par le nombre de pages!!! L’adaptation me met aussi l’eau à la bouche, surtout avec Romola Garai!

    • Répondre Eliza 29 septembre 2011 at 17 h 37 min

      Je n’ai toujours pas fini de regarder le film : tout en anglais, ça me demande beaucoup de concentration !! Mais l’acteur qui joue Daniel est très mignon et les tenues de Romola Garaï sont juste magnifiques !

  • Répondre Titine 7 octobre 2011 at 8 h 47 min

    Ce que j’ai aimé dans ce livre c’est que George Eliot détourne l’idée que l’on pouvait avoir au départ. On s’attend à une histoire d’amour entre Gwendolen et Daniel mais elle nous entraîne vers quelque chose de totalement différent. On sent chez cette romancière une grande exigence intellectuelle.

    • Répondre Eliza 7 octobre 2011 at 11 h 00 min

      J’avoue que j’ai du mal à me remettre (attention SPOILER) du fait qu’ils ne seraient jamais ensemble, mais cette frustration m’a beaucoup stimulé pendant la lecture 🙂

  • Répondre Downton Abbey, saison 1 « Passion Lectures 5 octobre 2012 at 21 h 46 min

    […] est excellent dans le personnage mystérieux de Bates, tandis que Hugh Bonneville (aussi vu dans Daniel Deronda, Coup de foudre à Notting Hill, Lost in Austen ou Le Choix de Jane) est le parfait gentleman, […]

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