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Et rester vivant, Jean-Philippe Blondel

9 mars 2013

Et rester vivant, Jean-Philippe BlondelPrésentation :

Le narrateur a vingt-deux ans. Il a perdu sa mère, son frère, dans un accident de voiture. L’histoire commence, il vient de perdre son père dans un accident de voiture… Seul désormais, il décide de vendre l’appartement familial et de partir avec ses deux plus proches amis : Laure et Samuel. Direction : Morro Bay, Californie.

Morro Bay : une obsession nourrie depuis des années par la chanson de Lloyd Cole. La Californie : le pays mythique qui a marqué une génération.

« Et rester vivant » raconte ce voyage initiatique. Entre fous rires et douleur. Découvertes, rencontres et retours sur le passe. Pour la première fois, Jean-Philippe Blondel se raconte. On retrouve sa douceur ; on découvre son incroyable capacité de résistance. Et ce texte, qui fait définitivement le deuil, rend surtout un véritable hommage à la vie.

Ce que j’en dis :

Ceci est une histoire vraie. Le narrateur se remet encore du décès brutal de sa mère et son frère dans un accident de voiture quelques années auparavant. Ses relations avec son père sont complexes : il le rend responsable, par sa conduite inconséquente, de l’accident, coupe les ponts et s’isole. Mais voilà que le destin le rattrape : son père meurt à son tour dans les mêmes circonstances. Le narrateur se retrouve tout seul, perd ses repères, expérimente le vide. Et décide de fuir. Il part en Californie, avec en tête une seule destination, Morro Bay, un lieu fantasmé entendu dans une chanson de Lloyd Cole. Il est accompagné dans son voyage par son ex petite-amie, Laure, et son meilleur ami, en couple avec celle-ci, Samuel. Un trio bancal, où rien n’est figé.

L’écriture de Jean-Philippe Blondel est sobre, aérée, allant à l’essentiel. Le point de départ du roman est une situation dramatique, pourtant il n’y a aucun tragique dans la façon qu’a le narrateur de se raconter, plutôt une sorte de fatalité. Il ne le sait pas encore, mais le but final de cette échappée vers l’inconnu est justement de se soustraire à la fatalité et de prendre sa vie en main, de décider, enfin, de « rester vivant ». L’Amérique est un eldorado, où l’ont peut tout oublier et repartir de zéro. Dans le paysage gris et sombre, plusieurs éléments apparaissent comme des tâches de couleur éclatantes, ces mêmes couleurs que le narrateur recommence progressivement à voir dans le monde qui l’entoure : ses deux amis d’abord, comme collés à lui pour ne pas qu’il tombe, la voiture ensuite, symbole du voyage, de l’évasion, de la liberté (et pourtant l’objet même par lequel la mort est arrivée), les rencontres ensuite : des gens croisés au détour d’un motel, d’un casino, d’une agence de voyages. Des regards et des mots qui vont ramener le narrateur vers le monde, sa beauté et son mouvement perpétuel.

Le roman se lit d’une traite, on est comme pris dans un cyclone qui ne nous lâche pas avant les dernières lignes.

Ce que j’en fais :

Il faut que je vous dise que je ne connaissais pas du tout Jean-Philippe Blondel avant d’arriver dans l’univers des blogs littéraires. Mais très vite, j’ai remarqué ce livre comme un vrai coup de coeur chez plusieurs blogueuses, notamment George qui avait été très émue par ce roman, suivie ensuite par Asphodèle, Delphine, et bien d’autres… jusqu’à Matilda, grâce à qui je l’ai reçu (mille mercis !). Une belle aventure bloguesque donc !

Même si je n’ai pas été profondément marquée par cette histoire, elle reste un peu à part dans mes lectures. Il y a des passages magnifiques, et d’autres qui m’ont laissée sur le côté de la route. Il y a beaucoup d’émotions, sans artifices, et pourtant j’ai ressenti parfois un certain malaise suivi par un détachement, une prise de distance qui m’a éloignée du texte, comme si je me protégeais. Sans doute ai-je été gênée finalement par la dimension très personnelle de ce texte. Malgré tout, je ne vous conseille qu’une chose : lisez-le !

Ils en parlent :

  • Clara : « Jean-Philippe Blondel  évite le larmoyant  mais voilà, la rencontre ne s’est pas produite (et j’en suis presque à m’excuser… ) »
  • George : « Certains romans aident à vivre, et ce roman-là est de ceux-ci, pour moi. »
  • Matilda :  » C’est un roman que l’on peut lire sans s’attacher surement, mais qui quand il trouve un écho en vous vous prend aux tripes et vous recrache à la fin sans se retourner pour voir comment vous avez encaissé le coup. »
  • Pralines : « Ce qui est remarquable encore une fois, c’est la puissance des émotions qui se dégagent de ce livre. »
  • et sur Babelio

Je vous recommande :

6 commentaires

  • Répondre Asphodèle 9 mars 2013 at 19 h 49 min

    Tu en parles très bien en tout cas ! Ce n’est pas toujours facile de savoir que l’histoire est vraie…

  • Répondre alexmotamots 10 mars 2013 at 18 h 18 min

    Un auteur que j’ai découvert grâce aux blogs également.

  • Répondre Adalana 10 mars 2013 at 23 h 39 min

    Je le lirai sans doute parce que j’aime la plume de l’auteur.

  • Répondre titine75 11 mars 2013 at 11 h 12 min

    J’ai découvert JP Blondel avec son dernier livre que j’ai beaucoup aimé. Et toutes les blogueuses qui m’ont laissé un commentaire, m’ont conseillé de lire celui-ci.

  • Répondre 2013 en livres | Passion Lectures & co 1 janvier 2014 at 15 h 17 min

    […] Blondel Jean-Philippe, Et rester vivant […]

  • Répondre Delphine-Olympe 28 juin 2015 at 18 h 46 min

    J’ai découvert Blondel cette année, avec Un hiver à Paris. Je me suis promis de lire d’autres romans de cet auteur sensible et talentueux. Ce pourrait être celui-ci !

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