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Et rien d’autre, James Salter

3 novembre 2015

Philip Bowman a combattu dans la marine sur les côtes japonaises pendant la Guerre. Quand il rentre à New York, il cherche quelque temps du travail et devient éditeur dans une grande maison d’édition. Philip Bowman est un fils, un mari, un amant. Il est jouisseur, séducteur, amoureux de l’amour, à la poursuite d’une vie qui tantôt lui échappe, tantôt semble être maîtrisée. Il se marie jeune, divorce tout aussi jeune, et continue de s’émerveiller devant le déhanché d’un dos ou le satiné d’une peau. Les femmes, ses femmes, se succèdent dans sa vie : Vivian, riche héritière du Sud façonnée par son père, l’impressionnant George Amussen, Ernid, la maîtresse anglaise pleine de sensualité, Christine avec qui il partage enfin une vie de couple, enfin Anna, la compagne de l’âge mûr. Dans les années 50, pas facile d’être divorcé, pourtant jamais cette situation ne l’entrave. Dans son milieu intellectuel, il s’épanouit. A lui les dîners mondains, les foires du livre de Londres et Francfort, les triangles amoureux avec les agents et les auteurs, les réussites et les déceptions. La vie new yorkaise fait peu à peu place au réconfort des maisons de la côte, avec leurs feux de cheminée et leur brouillard à l’aube. Autour de lui gravitent ces figures de chair et d’os dont les vies sont esquissées à grand traits : parents, amis, collègues, auteurs. Toutes ces personnes qui sembleront être toujours là pour vous (comment assister à la mort de sa mère ?). Tous ces gens qu’on croise à un moment de notre vie et qui s’effacent dans le tourbillon de l’existence.

J’ai d’abord eu du mal à comprendre le propos de ce roman, l’objectivité perpétuelle de l’auteur, l’économie de style et de sentiments semblaient être la marque d’une froideur calculée. Puis, peu à peu, on s’attache à ce personnage, qui suit son chemin, éternel adolescent en quête de bonheur, éternel soldat face à l’ennemi, éternel amant devant la beauté des femmes. Contrôle-t-il vraiment sa vie ou se laisse-t-il simplement porter par les courants ? Chaque nouvel âge de la vie lui apporte ses promesses et ses espoirs. Une certaine mélancolie se dégage de ce roman, et en même temps, l’auteur nous offre de temps en temps des instantanés de pur bonheur ou de douleur. D’une certaine manière, c’est un roman slow life.

Chacun a son histoire. Et ses souvenirs. C’est la vie. Et rien d’autre.

Et rien d'autre, James Salter

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6 commentaires

  • Répondre Tiphaine 3 novembre 2015 at 8 h 57 min

    Je ne connais pas cet auteur mais ton avis me donne grandement envie 🙂

  • Répondre Titine 3 novembre 2015 at 9 h 42 min

    Je l’ai dans ma liseuse, ce côté slow life me plaisait beaucoup. Il ne me reste plus qu’à l’ouvrir…

  • Répondre Delphine-Olympe 3 novembre 2015 at 20 h 29 min

    Sans doute pas inintéressant. J’ai l’impression, à te lire, que le rythme de ce livre est très lent… Pas sûre d’avoir envie de cela en ce moment…

  • Répondre Bianca 3 novembre 2015 at 20 h 42 min

    Je sens que ce n’est pas un livre pour moi, je n’aime pas les longueurs et les rythmes trop lents !

  • Répondre My Little Discoveries 4 novembre 2015 at 8 h 19 min

    Merci pour ce billet! Je viens justement d’acheter ce livre, après avoir assisté à une rencontre avec Delphine de Vigan qui a dit que c’était le roman récent qui l’avait le plus marquée…

  • Répondre Alex-Mot-à-Mots 4 novembre 2015 at 10 h 34 min

    J’ai lu un roman de cet auteur (le titre m’échappe) qui ne m’avait pas convaincu.

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