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Hommes en armes, Evelyn Waugh

7 juillet 2012

Hommes en armes Evelyn WaughPrésentation :

Porteur d’un message désabusé, ce livre constitue un tour de force où, selon Olivier Todd, la « joie du rire cache le pessimisme manichéen ».

Nous replongeant au cœur des années 1940, Hommes en armes raconte l’histoire du pauvre Guy Crouchback, qui incarne l’état d’esprit et la morale de son époque. Ce jeune homme, issu d’une famille de la haute bourgeoisie, introverti, catholique dévot et malchanceux en amour, décide de s’engager sous les drapeaux et se voit confronté à la réalité caricaturale des divisions de réserve de l’armée britannique. C’est en participant à la guerre, il trouve son propre rôle dans le monde moderne. Avec ses supérieurs directs, Apthorpe (cliché de l’officier expérimenté, désenchanté et obsédé par l’étiquette) et Ritchie-Hook (militaire téméraire, exalté et irascible), il va mener des campagnes jusqu’en Afrique.
Hommes en armes est un texte attachant et plein d’humour caustique, qui parle d’une époque révolue avec beaucoup de verve. Une critique intéressante ressort de la satire d’Evelyn Waugh, mettant en scène de manière très efficace la médiocrité humaine dépourvue d’idéal, surtout par le contraste entre Guy Crouchback et ses supérieurs.

Ce que j’en dis :

A travers les aventures militaires du (plus si) jeune Guy Crouchback, Evelyn Waugh nous offre ici une peinture très pittoresque des moeurs de l’armée britannique. Nous sommes en 1939-1940. La trentaine passée, Guy souhaite ardemment s’engager dans l’armée active pour en découdre avec les ennemis de l’Angleterre. Après avoir été refusé par plusieurs ministères, il intègre finalement un stage d’entrainement du corps royal des Hallebardiers. Il y découvre un monde de traditions, de codes et d’honneur et tente d’y trouver sa place.

Crouchback est maladroit, timide, indécis. Seul son âge lui vaut le respect des autres officiers stagiaires. Ce personnage central, qui semble toujours un pas à côté des autres, renforce le contraste avec les autres figures du roman. Crouchback n’est que le faire-valoir de son compagnon Apthorpe (dont les chapitres portent d’ailleurs le nom), militaire exemplaire, taillé pour le commandement, mais complètement barré. Aussi fou sans doute, bien que pas de la même manière, que le général Ritchie-Hook, soldat considéré comme modèle car sujet à des coups de tête que d’aucuns qualifient de bravoure ! Un environnement détonnant, dont l’absurde se renforcera une fois sur le champ de bataille (enfin, si seulement ces soldats arrivent à atteindre un champ de bataille…). On sourit souvent, mais le roman pâtit quand même d’un léger manque d’action, peut-être est-ce volontaire de la part de l’auteur pour mieux coller au caractère de Crouchback. Et je suis donc restée sur ma faim !

Ce que j’en fais :

Ce roman était ma première lecture d’Evelyn Waugh, auteur que je voulais découvrir depuis longtemps. Il s’agit du premier tome d’une trilogie consacrée à Guy Crouchback. Malgré cette petite déception, je vais continuer sur ma lancée : un écrivain catholique au milieu des Anglicans, ça vaut le coup d’oeil ;-).

Ils en parlent aussi :

A vos plumes sur Babelio !

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4 commentaires

  • Répondre Deuzenn 7 juillet 2012 at 8 h 38 min

    Je découvre ce blog et j’aime beaucoup! J’apprécie la littérature anglaise et je trouve ici de quoi faire de nouvelles lectures. Merci pour ces critiques!

    • Répondre Eliza 7 juillet 2012 at 9 h 16 min

      Merci beaucoup Deuzenn ! J’ai moi aussi découvert ton blog récemment, il faudra que je revienne fouiller plus avant, tu as l’air d’avoir plein de livres qui vont m’intéresser 😀

  • Répondre Karine:) 7 juillet 2012 at 17 h 49 min

    Hmmmm… me semble que je l’ai lu.. Mais pas du tout certaine. Du coup, ce serait à relire, hein!

    • Répondre Eliza 8 juillet 2012 at 7 h 00 min

      Oui, je pense que tu peux beaucoup aimer !

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