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La dernière conquête du major Pettigrew, Helen Simonson

21 mai 2012

Présentation :

Scones, confiture d’orange amère, littérature et petite tasse de thé : le dernier joyau de la couronne !
À Edgecombe St. Mary, en plein coeur de la campagne anglaise, une tasse de thé délicatement infusé est un rituel auquel, à l’heure dite, le major Ernest Pettigrew ne saurait déroger pas plus qu’à son sens du devoir et à son extrême courtoisie, aussi désuète que touchante, qui font de lui l’archétype même du gentleman anglais : raffiné, sarcastique et irréprochable. Dans ce petit village pittoresque ou les cottages le disputent aux clématites, le major a depuis trop longtemps délaissé son jardin. Désormais veuf, il a pour seule compagnie ses livres, ses chers Kipling, et quelques amis du club de golf fuyant leurs dames patronnesses. Ce n’est guère son fils, Roger, un jeune londonien ambitieux, qui pourrait le combler de tendresse. Mais, le jour ou le major apprend le décès de son frère Bertie, la présence douce et gracieuse de Mme Ali, veuve elle aussi, va réveiller son coeur engourdi. Tout devrait les séparer, elle, la petite commerçante d’origine pakistanaise, et lui, le major anglais élevé dans le plus pur esprit britannique. Pourtant leur passion pour la littérature et la douleur partagée du deuil sauront les réunir. Ils vont, dès lors, être confrontés aux préjugés mesquins des villageois, ou le racisme ordinaire sévit tout autant dans les soirées privées, sur le parcours de golf, à la chasse, sur les bancs de messe que dans les douillets intérieurs. Et les obstacles seront pour eux d’autant plus nombreux que leurs familles s’en mêlent : Roger s’installe dans un cottage voisin avec Sandy, sa petite amie américaine, et le neveu de Mme Ali, musulman très strict rentré du Pakistan, se découvre un enfant caché…
C’est avec beaucoup de charme et d’intelligence que Helen Simonson s’empare du thème des traditions pour montrer combien elles peuvent être à la fois une valeur refuge et un danger. Il se dégage de son roman une atmosphère so british qui enchante. Reste une question : votre tasse de thé, vous le prendrez avec un nuage de lait ou une tranche de citron ?

Ce que j’en dis :

Une petite bourgade du Sussex, un major retraité admirateur de Kipling et une pointe de sentiments amoureux, tout dans ce roman annonce une lecture plaisante au charme très britannique. Dans le petit village d’Edgecombe St. Mary, le major Pettigrew, déjà veuf, apprend avec douleur le décès de son frère Bertie. L’occasion pour lui de refaire un point sur sa vie, ses relations avec son frère, la déception continuelle que lui inspire son fils… Le major aimerait tant s’enfermer chez lui, dans le souvenir de sa femme et entouré de ses livres et de sa paire de fusils. Mais il se laisse émouvoir lorsqu’il observe discrètement la nuque si gracieuse de Mme Ali, la commerçante pakistanaise du village. Dans cette amitié qui se noue, le major semble enfin trouver une âme à qui parler. Ce sera cependant une toute autre histoire que d’arriver à son bras lors d’une fête donnée au village. D’un côté comme de l’autre, familles et amis ne peuvent comprendre cet attachement. A partir de quel âge peut-on commencer à vivre sa vie ?

Malgré quelques défauts (des passages un peu longs, un style parfois maniéré), ce roman a su me toucher. Il s’en dégage une atmosphère reposante, propre à la campagne anglaise et au cérémonial du thé. Les petits défauts des deux communautés, anglaise et pakistanaise, ressortent avec humour et l’auteur semble ne jamais vouloir céder à la gravité, bien que certains sujets évoqués, notamment concernant la condition des femmes, le justifiaient amplement. Mais cela aurait dénaturé le roman et j’ai donc apprécié que les questions d’intégration et de tolérance soient seulement effleurées, sans parti pris. C’est bien sûr la figure centrale du major qui renforce le côté britannique du livre, il est tel qu’on se l’était imaginé, droit, honnête, un peu bourru avec son fils, pince-sans-rire, galant homme, bref, vous avez compris…! J’ai été profondément attendrie par ces petits gestes que s’échangent le major et Mme Ali tout au long de l’histoire, des regards, des frôlements de main, quelques mots lourds de sens… Tout en retenue, ce couple inonde le roman d’une chaude et rassurante lumière. Que n’aurais-je donné pour voir partir leurs bruyantes familles et rester encore quelque temps au-dessus de leur épaule…

Ce que j’en fais :

Je ne regrette pas d’avoir eu l’occasion de lire ce roman, qui a déjà pas mal voyagé sur les blogs. Je garderais toujours un souvenir ému du major Pettigrew et Mme Ali (mais pourquoi m’ont-ils fait tant d’effet ??) et je dois avouer que cette lecture m’a redonné l’envie de louer un cottage dans le Sussex ;-).

Ils en parlent aussi :

  • Martine : « L’ambiance so british, les personnages, la romance sont un baume de bonne humeur. »
  • Cryssilda : « j’ai eu avec ce livre une impression violente d’overdose de trop de britisheries. »
  • Choukette : « une touche d’humour, d’amour, de pudeur, et beaucoup de sentiments »
  • FéeBourbonnaise : « Vraiment, ce roman c’est un vrai petit délice. »
  • et sur Babelio

Je vous recommande :

10 commentaires

  • Répondre alexmotamots 21 mai 2012 at 16 h 55 min

    Un brin nostalgique, on dirait.

    • Répondre Eliza 21 mai 2012 at 17 h 01 min

      Ce roman ou mon billet ? 😉 Sans doute les deux…

  • Répondre Titine 22 mai 2012 at 9 h 16 min

    Avec un nuage de lait pour moi ! J’ai ressenti la même chose que toi à la lecture de ce roman. C’est charmant, désuet et très reposant. Et je louerais bien aussi un cottage dans la campagne anglaise pour lire au calme dans le jardin avec ma cup of tea !

    • Répondre Eliza 22 mai 2012 at 9 h 24 min

      Mon grand désespoir, c’est que je n’aime pas le thé. Rien à faire, j’en ai goûté des centaines, pour moi, ça ne reste que de l’eau chaude. Alors, j’ai toujours l’impression de passer à côté de quelque chose quand un livre parle autant de thé !…

  • Répondre Enigma 22 mai 2012 at 17 h 33 min

    Je vois beaucoup d’avis positifs sur ce livre, faut que je m’y mette!!! =D

  • Répondre Matilda 9 juillet 2012 at 20 h 53 min

    Le titre me tentait déjà, mais je pensais qu’il s’agissait d’un roman policier ! Et en lisant ton avis je me rends compte qu’il me plairait beaucoup beaucoup alors je le note.

    (NB / Je commence a vraiment tomber amoureuse de ton blog ; j’aime l’habillage, les billets, la façon dont tu parles des livres, les livres que tu lis !)

    • Répondre Eliza 9 juillet 2012 at 21 h 11 min

      C’est vraiment trop mignon comme roman, je te le conseille ! Et merci pour les compliments, ça me touche beaucoup 😉

  • Répondre metaphorebookaddict 29 août 2012 at 12 h 55 min

    J’ai bien apprécié ce bouquin, tout frais, je l’ai lu aussi récemment, mais je suis une amatrice de thé et de belles manières. J’ai bien apprécié aussi le choc des cultures.
    A bientôt

  • Répondre fondantochocolat 4 août 2013 at 6 h 24 min

    C’est décidé, il me le faut ! 🙂 Rien que pour le cadre… mmmm

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