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La femme de trente ans, Honoré de Balzac

22 octobre 2011

la femme de trente ans balzacPrésentation :

« Le mariage ne vous réussit point. » Tout est là. L’histoire de cette jeune femme qui a épousé étourdiment son bellâtre très fort sur l’équitation est l’histoire implacable des déceptions de la vie conjugale, des déceptions de l’intimité conjugale. En dépit du décor, tout est brutal. C’est une confession de jeune mariée. Tout est admirable : la nullité du mari soutenu en secret, le dévouement pour garder les apparences sans les compensations de l’amour, et, au fond de tout cela, l’égoïsme de l’homme, une existence vide à perpétuité entrevue avec désespoir. La répugnance pour l’intimité conjugale est le secret de toute cette vie. La douairière ne s’y méprend pas. « Le mariage ne vous réussit point. » C’est l’histoire d’un mauvais départ. A partir de ce livre, Balzac est devenu le peintre des femmes, non pas seulement le peintre de la femme de trente ans, mais l’écrivain qui sait dire ce qu’elles n’osent pas s’avouer.

Ce que j’en dis :

Un Balzac pas comme les autres. L’aspect un peu décousu de ce roman ne s’explique que lorsqu’on sait qu’il s’agissait au départ de six nouvelles indépendantes, études de femme à différents âges de la vie. Celles-ci ont ensuite été réunies et les prénoms harmonisés pour en faire l’histoire d’une seule et même femme, Julie d’Aiglemont. Sans dévoiler trop l’intrigue, disons tout de suite que cette femme aura son lot de malheurs et que sa vie est un enchaînement de drames, à la fois dans sa vie amoureuse et dans ses relations avec ses enfants. Le roman commence lorsqu’elle a dix-neuf ans et s’éprend d’un beau colonel, officier d’ordonnance de Napoléon, qu’elle épousera, malgré l’avis de son père, et se termine lorsqu’elle a environ cinquante ans (âge de « vieillard » selon Balzac !). On parle souvent de la première partie, dans laquelle Julie doit faire face à un mari « soudard », qui la dégoûte de la vie conjugale. Mais on connaît moins les scènes suivantes, dans lesquelles Julie découvre l’amour, avec des conséquences directes dans sa vie, puisqu’elle aura des enfants adultérins. Et le thème de la jalousie entre les enfants « du devoir » et ceux « de l’amour » domine toute la deuxième partie de l’œuvre, autour d’un épisode tragique qui marquera durablement toute la famille.

Les épreuves subies par Julie ne sont que des prétextes pour étudier la psychologie de cette femme, puis de ses filles. Et bien que l’analyse soit souvent très fine, permettant à Balzac de dégager ce type de la « femme de trente ans », notamment en la comparant favorablement à la jeune débutante, je suis souvent restée sur ma faim quant à l’intrigue elle-même. Car il y a beaucoup de trous dans la chronologie, et des événements qu’on est réduit à deviner, ou supposer, avec beaucoup de non-dits. Bref, ne vous attachez pas trop à l’héroïne, ce n’est pas le plus important dans ce livre, mais quelques magnifiques passages sur la fidélité à un premier amour, l’honneur d’une femme, ou les relations tourmentées avec les enfants.

Ce que j’en fais :

Mon premier livre pour le challenge Balzac de Marie n’est pas sur la liste que je m’étais fixée, c’est tout moi ! Je m’attaque donc à La muse du département, second sur ma liste. Et pour l’occasion, j’ai créé un quiz 100% Balzac sur Babelio 🙂

Ils en parlent aussi :

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Le livre de poche, 256 p., 5€

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6 commentaires

  • Répondre Challenge Balzac « Passion lectures 22 octobre 2011 at 16 h 25 min

    […] La femme de trente ans […]

  • Répondre Marie 28 octobre 2011 at 20 h 25 min

    De retour de vacances, j’ai enfin récupéré ton lien! Voilà encore un texte dont je ne me souviens que très peu. Il me semble en effet avoir trouvé que son principal intérêt résidait dans le portrait psychologique. Je suis contente que cette lecture en demi-teinte n’ait pas influé sur ta motication! 🙂

    • Répondre Eliza 29 octobre 2011 at 7 h 55 min

      Je ne regrette pas du tout de l’avoir relu ! Et ma motivation reste entière !! 😉

  • Répondre La muse du département, Honoré de Balzac « Passion lectures 27 novembre 2011 at 19 h 54 min

    […] est ma deuxième pour le challenge Balzac de Marie, pour les romans de la Comédie humaine, après La Femme de trente ans. Je dois maintenant m’attaquer à des essais ou bibliographies sur […]

  • Répondre Romanza 26 janvier 2014 at 8 h 44 min

    Si si moi j’en parle aussi 😉 : http://plumedefeu.blogspot.fr/2010/05/connaitre-le-bonheur-et-mourir.html

  • Répondre LeSalonDesLettres 5 juillet 2014 at 20 h 09 min

    Je ne connais pas ces deux titres. J’ai en plus très envie de lire du Balzac depuis peu

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