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La théorie de l'information, Aurélien Bellanger

18 septembre 2012

Présentation :

La Théorie de l’information est une épopée économique française. De l’invention du Minitel à l’arrivée des terminaux mobiles, de l’apparition d’Internet au Web 2.0, du triomphe de France Télécom au démantèlement de son monopole, on assistera à l’irruption d’acteurs nouveaux, souvent incontrôlables.
La Théorie de l’information est l’histoire de Pascal Ertanger, le plus brillant d’entre eux. Adolescent solitaire épris d’informatique, il verra son existence basculer au contact de certains artefacts technologiques : éditeur de jeux en BASIC, pornographe amateur, pirate récidiviste et investisseur inspiré, il deviendra l’un des hommes les plus riches du monde.
La Théorie de l’information raconte aussi comment un article scientifique publié en 1948 a révolutionné l’histoire des télécommunications et fait basculer le monde dans une ère nouvelle, baptisée Âge de l’information. Pascal Ertanger s’en voudra le prophète exclusif.
La Théorie de l’information évoque enfin le destin d’une planète devenue un jouet entre les mains d’un milliardaire fou.

Ce que j’en dis :

Pascal Ertanger est né à la fin des années 1960, dans un pavillon de la banlieue parisienne. Marqué très jeune par l’avènement des premiers calculateurs puis ordinateurs, il s’enthousiasme à l’adolescence pour le Minitel. Génie de l’informatique de la première heure, il comprend rapidement les enjeux économiques de ce nouveau média et se construit une fortune en pianotant dans sa cave sur les différents forums de messagerie rose qu’il a créé. Les idées vont et viennent à toute vitesse, toujours portées par l’envie de casser le système établi, qui sera longtemps le monopole de France Telecom sur les télécommunications. Pascal grandit trop vite et croise le chemin d’Emilie, danseuse dans un peep-show. Il en tombe amoureux et tente de la faire sortir de son milieu. Puis internet vient remplacer le Minitel et Pascal se lance dans une nouvelle ruée vers l’or en inventant successivement les cd-roms de connexion, la box et les offres triple-play… Et après internet, qu’y a-t-il ?

L’histoire de Pascal Ertanger, volontairement calquée sur celle de Xavier Niel, fondateur de Free, n’est qu’un prétexte pour Aurélien Bellanger. Ce personnage est plus froid qu’un glaçon, n’inspire aucune sympathie et même sa relation avec Emilie sonne faux, ou plutôt garde la trace indélébile d’un béguin d’adolescent. Dans certains chapitres, il apparaît à peine. Une fois la déception de cette vacuité acceptée par le lecteur, que reste-t-il ? L’histoire des réseaux, des luttes entre France Telecom et les entrepreneurs, le récit de coups commerciaux et de déploiement d’infrastructures de plus en plus complexes, entrecoupés de longues explications ardues sur les règles de la thermodynamique d’abord, puis sur la théorie de l’information de Shannon. Passages que j’ai fini par passer tant je me sentais dépassée par des explications scientifiques parfois embrouillées (imitant selon l’auteur les notices Wikipedia). Tout ce qui se conçoit bien ne s’énonce-t-il pas clairement ? Je ne nierai pas qu’il ressort au final de ces longues digressions mathématiques, de ces vastes data center où clignotent les diodes des serveurs, une certaine poésie, comme si ces enchaînements de mots donnaient naissance à une autre langue, la langue des machines et des réseaux. Mais très vite, l’aridité du style vous ramène à la terre ferme et à l’ennui. Les cent dernières pages, dans lesquelles l’auteur nous conduit doucement vers la vision quasi mystique d’un monde désincarné, n’ont pas rattrapé ce sentiment profond de déception. Parce que j’attends autre chose d’un roman.

Ce que j’en fais :

Voilà un roman qui ne me réconciliera ni avec la littérature contemporaine française ni avec le phénomène de la rentrée littéraire (sélectionné pour le prix Médicis). Et c’est dommage, parce que j’avais trouvé le début prometteur, ce style détaché intéressant, la démarche innovante. Aurélien Bellanger, auteur d’un essai sur Houellebecq, est beaucoup comparé à lui par les journalistes, mais j’avoue n’avoir jamais lu une ligne de Houellebecq, je ne peux donc pas en juger !

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Pas de commentaires

  • Répondre alexmotamots 19 septembre 2012 at 7 h 30 min

    Flûte, le sujet me tentait bien.

    • Répondre Eliza 19 septembre 2012 at 10 h 36 min

      Beaucoup de lecteurs ont apprécié ce livre, je pense qu’il faut s’en faire sa propre idée. Si tu le commences, tu sauras assez vite si ça te plaît ou pas 😉

  • Répondre Peste & Choléra, Patrick Deville « Passion Lectures 6 octobre 2012 at 14 h 29 min

    […] de suivre la rentrée littéraire 2012 s’avère ici bien plus fructueuse que la première (La Théorie de l’information, d’Aurélien Bellanger). Je ne savais rien de ce roman en le commençant, je n’avais même pas lu la quatrième de […]

  • Répondre Moka 16 octobre 2012 at 20 h 34 min

    Je dois me mettre à la rentrée littéraire….

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