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L’âme de l’Europe : Elisabeth Vigée-Lebrun

3 octobre 2015

Vigée-Lebrun, Marie-Antoinette_regard

Lorsque j’ai ouvert mon Musée Imaginaire avec la Galerie des Portraits, je vous disais qu’Elisabeth Vigée-Lebrun était l’une de mes peintres favoris. C’est donc avec gourmandise que j’ai visité l’exposition qui s’est ouverte en ce moment au Grand Palais, la première rétrospective dédiée à cette artiste ! Je connaissais la portraitiste de la Cour sous les règnes de Louis XV et Louis XVI, notamment ses grands portraits de Marie-Antoinette et ses autoportraits si délicats. Mais j’ai découvert la deuxième partie de sa vie, lorsqu’elle a fui la France au moment de la Révolution et parcouru toutes les cours d’Europe, Rome, Vienne, Saint-Pétersbourg… Elle peint jusque dans les années 1820, et fut donc à la croisée de deux siècles profondément différents ! Cette méconnaissance s’explique par le fait que ses tableaux sont aujourd’hui dispersés dans le monde entier, et beaucoup appartiennent à des collections particulières (ce sont des portraits privés). Ce qui rend cette exposition particulièrement inédite !

Autoportraits en 1782, 1790 et 1800 :

Vigée-Lebrun 1782 Autoportrait au chapeau de paille

Vigée-Lebrun 1790 Autoportrait

Vigée-Lebrun 1800 Autoportrait

Elisabeth Vigée-Lebrun maîtrise parfaitement la représentation des étoffes, autant les immenses robes à panier en taffetas et soieries des années 1770 que les mousselines de la période Trianon, puis des étoffes plus lourdes des années 1800, velours et cachemires. Elle a un toucher très velouté qui rend parfaitement les ombres et lumières sur les plis et les attributs du « paraître » que représentent les vêtements.

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L’autre particularité de ces portraits est l’expressivité des visages : le peintre plonge dans le caractère de son modèle et nous le ressentons en les regardant. Elle n’hésite pas à représenter des visages souriants, des yeux rieurs et des postures semblant prises sur le vif.

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Je voulais aussi vous présenter quelques influences d’Elisabeth Vigée-Lebrun. Elle fut dès son enfance élevée par son père dans l’univers de la peinture. Bien que l’art du portrait soit assez académique, elle puise son inspiration chez d’autres artistes. Trois exemples avec Raphaël, Rubens et Van Dyck :

1786 La Tendresse maternelle raphael-vierge-rose

Cet autoportrait, baptisé « La Tendresse maternelle », est considéré comme le chef d’oeuvre d’Elisabeth Vigée-Lebrun. La simplicité de la pose, l’amour maternel qui se dégage du regards et des mains, ainsi que le traitement de la toilette, en font un tableau magnifique à regarder ! Il est directement inspiré des Vierges à l’enfant très présentes à la Renaissance.

1782 Duchesse de Polignac Helene Fourment

Ce portrait de la duchesse de Polignac peint en 1782 nous rappelle les portraits d’Hélène Fourment peints par Rubens au XVIIe siècle.

Vigée-Lebrun-Luise_von_Preußen 1629-marie-louise-de-tassis-7

J’ai découvert avec bonheur ce portrait de la princesse Radziwill, car il m’a tout de suite rappelé les portraits de Van Dyck que j’aime tant, dont celui de Maria de Tassis.

Parmi mes autres découvertes, j’ai eu un coup de cœur pour ce portrait, dont il est très difficile de retrouver une représentation (merci à Martine pour sa pugnacité !!). Edit : je suis retournée à l’exposition et j’ai repris des photos de tableaux venant de collections particulières.

Elisabeth Vigée-Lebrun, Portrait

Elisabeth Vigée-Lebrun, Portrait Elisabeth Vigée-Lebrun, Portrait Elisabeth Vigée-Lebrun, Portrait

 

Présentation de l’exposition par le commissaire :

Je n’ai qu’un conseil à vous donner : allez visiter cette merveilleuse galerie de portraits qui nous fait voir l’âme de l’Europe en pleine mutation.

Je vous recommande :

6 commentaires

  • Répondre Titine 3 octobre 2015 at 11 h 45 min

    Une très belle exposition qui souligne effectivement l’extraordinaire talent de Mme Vigée Le Brun notamment pour les carnations et pour le rendu des textures. Mon coup cœur est le portrait de la duchesse de Polignac qui respire la fraîcheur, le printemps, le soleil. Tes comparaisons d’œuvre sont très pertinentes et montrent bien la manière dont circulaient les œuvres des grands maîtres.

    • Répondre Eliza 4 octobre 2015 at 9 h 38 min

      Oui, je ne connaissais pas ce portrait, qui ressemble beaucoup à l’autoportrait au chapeau de paille, mais il est sublime !

  • Répondre romanza 3 octobre 2015 at 12 h 52 min

    Sublime. Les tissus sont hallucinants. En vrai, cet expo doit être un véritable enchantement.

  • Répondre Delphine-Olympe 3 octobre 2015 at 14 h 08 min

    Je ne suis pas particulièrement fan de cette artiste, mais tu la présentes fort bien ! Et tu as raison, ses portraits sont d’une grande expressivité.

  • Répondre Syl. 27 octobre 2015 at 10 h 15 min

    Eliza, je découvre ton nouveau blog ! Je n’ai pas vraiment repris depuis les vacances de cet été et je suis guère présente sur la blogo. Ce blog est superbe !

  • Répondre Un automne à Paris (2) – Elisabeth Vigée le Brun au Grand Palais | Thé, lectures et macarons 27 octobre 2015 at 10 h 18 min

    […] « L’art dans tous ses états » de Shelbylee D’autres billets chez Eliza, […]

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