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Le jeu de dupes, Anne-Laure Morata

18 novembre 2012

Présentation :

Hiver 1651. Le domaine de Mont Menat, en Auvergne, où François de Rohan Montauban s’est établi avec son épouse Nolwenn, est attaqué en son absence. Il retrouve sa propriété saccagée, Violette de Goyon, la cousine de sa femme, assassinée, et aucune trace de Nolwenn, vraisemblablement enlevée.
François, sur les traces des ravisseurs, rejoint Paris, alors en proie à l’agitation de la Fronde, pour tenter de libérer Nolwenn avec l’aide de son clan. Il va découvrir que Violette de Goyon, courtisane audacieuse, avait dérobé des lettres codées compromettant les plus hauts dignitaires du royaume. L’une d’elle révèle même un secret d’État susceptible de faire vaciller le trône du jeune Louis XIV…
François n’a plus qu’une issue pour sauver son épouse : récupérer les fameux courriers. Sa quête semée d’embûches l’entraînera au cœur des intrigues du Palais Royal. Mais on ne s’attaque pas impunément aux secrets des puissants…

Après L’Héritier des pagans, Anne-Laure Morata nous entraîne à la suite de son héros dans une période troublée et méconnue de notre histoire, La Fronde, pour une aventure captivante et riche en rebondissements, dans la lignée des grands romans d’aventures et de suspense.

Ce que j’en dis :

Dans cette nouvelle aventure du chevalier de Rohan Montauban, Nolwenn, la jeune épouse du chevalier, a été enlevée en Auvergne dans des circonstances violentes et François, fou de désespoir, part sur ses traces pour Paris. Il retrouve à l’hôtel de Bessières Louise sa soeur et son époux Arnaud. Grâce à la célèbre courtisane Ninon de Lenclos, il apprend que la cousine de sa femme, Violette de Goyon, assassinée pendant l’enlèvement, détenait des papiers secrets pouvant faire chanter trois hauts personnages de l’État. C’est certainement l’un d’entre eux qui retient Nolwenn…

On retrouve dans ce roman le Paris de la Fronde, mais alors que L’héritier des pagans nous plongeait dans la « Fronde parlementaire », en 1649, nous sommes cette fois en 1651, pendant la « Fronde des Princes ». Les complots et intrigues sont nombreux autour des princes de sang, notamment les très puissants Condé : Henri de Condé, son frère Conti et sa soeur la duchesse de Longueville. Sous la pression des Condé et de Gaston d’Orléans, la reine Anne d’Autriche a été contrainte d’éloigner le cardinal Mazarin, qui s’est réfugié en Allemagne. En attendant la majorité du jeune Louis XIV, elle louvoie entre les coteries et tente de contrer les coups d’Etat qui se fomentent autour d’elle. Les éléments historiques du roman sont très nombreux et bien documentés, mais cette période est très complexe et les explications sont parfois un peu confuses. La scène fameuse où les représentants du peuple de Paris envahissent le Palais Royal pour s’assurer que le Roi ne s’est pas enfui et viennent constater jusque dans sa chambre que le jeune souverain est bien là, endormi, est l’une des meilleures du roman et laisse présager des rebondissements dignes du roman précédent.

   

Malheureusement, l’intrigue autour de François de Rohan Montauban manque cruellement de saveur et d’action (attention je spoile : au point que l’enlevée est ramenée chez elle comme si de rien n’était…), on se rend bien compte que les pistes suivies sont fausses et on attend avec impatience le dénouement. Les personnages principaux sont creux et n’ont aucun caractère. Leurs réactions et leurs paroles sont la plupart du temps d’une naïveté assez déconcertante (sans compter les écarts amoureux de François, qui non seulement ne collent pas avec son inquiétude concernant sa femme, mais de surcroît n’apportent rien au récit). Les personnages historiques souffrent quant à eux de certains clichés (la liaison entre Condé et sa soeur, le jeune Louis XIV devenant brutal après sa majorité, Mazarin se languissant d’Anne d’Autriche…). Cette période très agitée donnait matière à utiliser de nombreux personnages : en plus de Ninon de Lenclos, on croise le coadjuteur Gondi, mais le poète Scarron aurait pu être plus exploité et le recours à Molière dans une scène finale est un peu surfait : il était alors dans le Sud de la France.

Enfin, j’ai été gênée par des anachronismes et des contresens historiques à plusieurs reprises ou des maladresses sur l’emploi des noms propres, d’autant plus étranges que les détails sur les événements historiques sont parfaitement exacts. A cela s’ajoute dans la version numérique que j’ai lu des espaces manquants à chaque page, qui rendent la lecture très désagréable !!!

Challenge Le règne de Louis XIVCe que j’en fais :

Je reste donc très mitigée sur cette lecture, car si j’ai apprécié l’évocation de cette période troublée et complexe, l’intrigue principale m’a laissée complètement de marbre. Le style m’a semblé plus convenu que le premier tome et le tout manquait singulièrement de charme et d’allant. Quel dommage ! Je ne pense pas continuer avec le tome 3…  Cette lecture était proposée dans le cadre du challenge Le règne de Louis XIV et vous pouvez lire les avis d‘Hébélit, qui a bien aimé cette lecture, ou de MissLéo et Shelbylee, qui ont été plutôt déçues.

Ce que j’ai écouté :

Pour un bon roman de cape et d’été, rien ne vaut une version tonique des Concertos brandebourgeois de Bach ! Je vous conseille celle de Jordi Savall et de son ensemble Le Concert des Nations.

Ils en parlent aussi :

Je vous recommande :

Pas de commentaires

  • Répondre alexmotamots 18 novembre 2012 at 16 h 43 min

    Merci, en tout cas, pour le conseil de musique. Il y a longtemps que je n’ai pas écouté Bach.

  • Répondre Shelbylee 18 novembre 2012 at 16 h 49 min

    C’est sympa que tu aies pensé à illustrer ton billet avec la tête de nos « amis » ! Je vois que nos avis se rejoignent. Je suis d’accord avec toi sur le passage où Louis fait semblant de dormir.
    Comme je ne suis pas capable d’arrêter une série en cours de route (surtout qu’il n’en reste plus qu’un à lire), je pense continuer avec le 3e. Je vous dirai s’il est plus proche du 1er ou du 2e.
    Je vois que toi aussi tu as relevé le peu de soin apporté à la version numérique.

    • Répondre Eliza 18 novembre 2012 at 19 h 23 min

      Alors j’attendrai ton avis pour voir si ça vaut le coup ou pas !

  • Répondre passionlecteur 18 novembre 2012 at 16 h 59 min

    Tu ne le ferais pas voyager ?

    • Répondre Eliza 18 novembre 2012 at 19 h 23 min

      Ca va être difficile, j’ai acheté la version numérique, mais elle est protégée !

  • Répondre Sharon 18 novembre 2012 at 18 h 08 min

    Ce n’est pas la même période histrique, mais en lisant ce livre, j’ai regretté Nicolas (Le Floch) : lui, au moins, n’est pas incohérent et ne court pas deux lièvres (amoureux) à la fois.

    • Répondre Eliza 18 novembre 2012 at 19 h 24 min

      Ohh, j’adore Nicolas Le Floch (mas pas du tout la série qu’ils en ont tiré…), il faudrait que je lise le dernier !! C’est sûr, c’est pas le même niveau 😉

  • Répondre Miss Léo 18 novembre 2012 at 18 h 22 min

    Ton billet joliment illustré expose parfaitement bien le contexte historique ! Pour le reste : je vois que nous avons le même ressenti.

    • Répondre Eliza 18 novembre 2012 at 19 h 25 min

      Oui tout à fait :-(, c’est bien dommage…

  • Répondre Hebelit 18 novembre 2012 at 19 h 48 min

    Sympa de mettre des visages sur des noms !!! merci pour l’illustration ! je lirais le 3ème pour boucler la boucle mais comme je ne m’attends pas à des miracles, je ne serais pas trop déçu je pense ! En tout cas, merci pour cette lecture commune !

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