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Le mystère d’Edwin Drood, Charles Dickens

1 janvier 2012

charles dickens edwin droodPrésentation :

Trois oeuvres tour à tour dramatiques, mystérieuses et fantastiques, de l’un des plus grands auteurs anglais de l’époque victorienne.

Ce volume réunit trois oeuvres singulières de Dickens : deux romans, Les Grandes Espérances et Le Mystère d’Edwin Drood, ainsi qu’une collection de Récits pour Noël. Dans le premier livre, on suit l’histoire dramatique de Pip, un enfant qui découvre le « monde réel » en différentes étapes, de la naissance à la mort de ses illusions. Dans le deuxième texte, resté inachevé, la disparition du personnage éponyme est à l’origine de l’intrigue. Roman de formation ou roman « policier », ces deux récits mettent en scène des protagonistes qui évoluent dans un monde cruel, ou la mélancolie est contrebalancée à la fois par la présence de scènes comiques et par la foi des personnages. L’auteur privilégie la narration à la première personne et met à l’honneur un univers qui lui est cher, celui de l’enfance, notamment dans les Récits pour Noël, invitant le lecteur adulte à ne pas rester incrédule face au récit de contes extraordinaires.

Ce que j’en dis :

Dans la vieille cité épiscopale de Cloisterham, Edwin Drood et Rosa Bud, deux jeunes gens orphelins, ont été fiancés par leurs parents, mais cet engagement forcé rend leurs rapports difficiles et ils ne parviennent pas à s’apprécier mutuellement : Rosa agit comme une petite fille capricieuse tandis qu’Edwin, très sûr de lui et de ses devoirs envers elle, traite en conquête celle qu’il n’a pas eu à conquérir. L’oncle d’Edwin et maître de musique de Rosa, John Jasper, âgé seulement de quelques années de plus, chantre à la cathédrale, les protège tous deux de son affection, mais dévoile progressivement une vie plus trouble, faite de rêves opiacés et de passion malsaine pour sa future nièce. Deux autres jeunes gens s’installent en ville : Neville et Helena Landless, eux aussi orphelins (décidément…), viennent des Indes et se retrouvent aux bons soins du chanoine de la cathédrale, M. Crisparkle. Neville, au caractère fougueux, ne tarde pas à se disputer violemment avec Edwin. Aussi lorsque ce dernier disparaît et qu’on apprend que Neville est le dernier à l’avoir vu, tous les soupçons se portent sur lui. Jasper, effondré et furieux, est le premier à parler d’assassinat…

Cette lecture fut une révélation : parce que j’avais oublié qu’on pouvait à la fois rire et avoir le cœur serré en lisant, parce que j’ai eu beaucoup de tendresse pour les personnages hauts en couleurs de Dickens, celui qu’il appelle « le type de l’idiot solennel », M. Sapsea, ou le chanoine Crisparkle qui professe un « christianisme musclé » tout en répandant autour de lui la bonne humeur, ou encore le bon M. Grewgious, tuteur de Rosa, qui malgré son caractère « anguleux », fait preuve de grande bonté et de finesse dans ses jugements… Le style incroyable de Dickens est si vivant, ses comparaisons sont si drôles ! Et je pense ne jamais oublier une certaine armoire remplie de confiseries et d’alcools qui m’a donné l’eau à la bouche pendant toute une soirée ! Sans oublier l’épisode de Noël, ah oui, je ne vous l’ai pas dit ? c’est la veille de Noël que disparaît Edwin Drood… Autant dire que j’ai été extrêmement frustrée par cette coupure si brutale, mais je ne pouvais pas dire que j’étais pas prévenue !

Il n’existe actuellement plus que deux éditions du Mystère d’Edwin Drood, celle de Bouquins et celle de La Pléiade. Et pourtant, si l’on en croit les spécialistes de Dickens, ce roman inachevé devait marquer un tournant dans le style narratif de l’écrivain par son action resserrée et son caractère mystérieux. Malheureusement, le roman s’interrompt brusquement sans que beaucoup d’indices n’aient été donnés, aussi des centaines d’hypothèses ont été faites depuis la publication. Les deux principales sont de faire de John Jasper l’assassin, soit de manière consciente (la jalousie envers son neveu qui allait épouser Rosa) soit inconsciemment (sous l’emprise de l’opium), mais je pencherais plutôt pour celle qui pose qu’Edwin Drood n’est pas mort et qu’il revient à Cloisterham sous les traits d’un autre pour enquêter sur son oncle… A vous de voir !

Ce que j’en fais :

Je continue toujours l’aventure commencée avec Drood, de Dan Simmons, puis Pierre de Lune, de Wilkie Collins. Je comprends miux pourquoi Collins est si jaloux de Dickens et l’appelle « l’Inimitable ». J’ai retrouvé avec plaisir toutes les petits éléments dont Dan Simmons s’est servi pour alimenter son roman, notamment le fameux Durdles. Et surtout cette lecture coup de cœur est – faut-il que je l’avoue ? – ma première vraie lecture d’un Charles Dickens (hormis Un chant de Noël). J’avais dû en lire quelques-uns étant plus jeune, mais je n’en ai aucun souvenir. Je considère donc, qu’en ce début d’année 2012, année du 200e anniversaire de Charles Dickens, il est temps que je me plonge avec délices dans l’œuvre incroyablement riche de ce mythe britannique. Il n’y a plus qu’à attendre avec patience la mini-série de la BBC, annoncée depuis quelques mois, dont le casting a été dévoilé récemment.

Ils en parlent aussi :

  • Les Chroniques d’Isil : « tout ce que j’aime chez Dickens, ses descriptions hallucinantes, ses personnages nombreux et improbables, ses péripéties pleines d’imagination »
  • Titine : « un excellent témoignage du génie de l’écrivain anglais »
  • Cryssilda : « Charlie jongle avec les mots avec beaucoup de répartie et d’humour »
  • et sur Babelio

    Lu dans le cadre du Mois anglais

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9 commentaires

  • Répondre 15 décembre -15 janvier : le mois anglais « Passion lectures 1 janvier 2012 at 19 h 13 min

    […] Le mystère d’Edwin Drood, Charles Dickens […]

  • Répondre cryssildaa 2 janvier 2012 at 10 h 13 min

    Ah ? Tu crois carrément qu’Edwin revient ? Mais pourquoi voudrait-il enquêter sur son oncle ?
    Un très bon moment de lecture pour moi également.. dommage que ça s’arrête comme ça.

    • Répondre Eliza 2 janvier 2012 at 15 h 10 min

      Je dirais que Jasper a essayé de tuer Edwin sous l’effet de l’opium, qu’il n’y est pas arrivé mais ne s’en souvient pas, et qu’Edwin, ayant pu s’échapper, revient pour essayer de comprendre l’attitude de son oncle (après tout, il ne sait pas qu’il aime passionnément Rosa…). Est-ce que ça tient ?

      • Répondre cryssildaa 2 janvier 2012 at 15 h 12 min

        Oui ! Je le trouve tordu Jasper ! Très tordu !

  • Répondre Titine 2 janvier 2012 at 12 h 58 min

    Je suis tellement contente que tu découvres (ou redécouvres) l’oeuvre de Dickens avec notre mois anglais. Lire Charlie est toujours un bonheur total, son écriture, son humour, ses descriptions et ses personnages, j’adore tout ! Et je suis d’accord avec tes différentes hypothèses pour la fin de Drood. Je dois avouer que Dan Simmons me fait pencher vers le meurtre du à l’opium puisqu’il explique que Dickens se serait inspiré de la fin de « Pierre de lune ». Chacun se choisira sa fin !

    • Répondre Eliza 2 janvier 2012 at 15 h 15 min

      Je suis aussi très contente de cette lecture, je m’attendais à ce que ça me plaise, mais pas à ce point là !! Merci mille fois au Mois anglais 🙂

  • Répondre Plaisirs à cultiver » Récapitulatif du mois anglais 10 janvier 2012 at 7 h 43 min

    […] Eliza : Le mystère d’Edwin Drood de Charles Dickens […]

  • Répondre De grandes espérances, Charles Dickens « Passion lectures 1 avril 2012 at 13 h 31 min

    […] de deux mois à lire De grandes espérances. Une lecture difficile, après l’enthousiasme du Mystère d’Edwin Drood, qui n’entame cependant pas mon envie de lire d’autres romans de Dickens, mais qui me […]

  • Répondre Récapitulatif du mois anglais | Plaisirs à cultiver 21 octobre 2012 at 8 h 38 min

    […] Eliza : Le mystère d’Edwin Drood de Charles Dickens […]

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