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Le ravissement de l'été, Luisa Extenike

20 juillet 2012

Présentation :

Un fils mal aimé prêt à tout pour obtenir l’argent et l’attention que sa mère lui refuse. Une femme fortunée et inaccessible à la recherche d’une profondeur et d’une sincérité qu’elle a perdues. Un jeune homme qui vit seul au milieu de ses vignes en chérissant un amour splendide pour celle qu’il n’a jamais revue. Au fil de ce récit polyphonique, qui joue habilement avec les points de vue, ces trois personnages se croisent et se dévoilent, et restent seuls face à leur vérité intime. Le Ravissement de l’été évoque l’initiation sentimentale et sexuelle d’un adolescent, avec une belle sensualité. Ce roman psychologique nous parle aussi de la mémoire et du passage du temps, dont le vin est ici une métaphore. Et révèle la manière dont le souvenir s’épanouit en nous, nous poursuit, nous anime, nous détruit ou nous éclaire.

Ce que j’en dis :

Dans ce livre assez court, nous suivons tour à tour trois voix. Raul, le fils, torturé par sa haine envers sa mère et sa volonté déchirante de trouver la faille qui la fera vaciller ; Fermin, l’ami d’enfance, apprenti vigneron, dont toute la vie s’est construite sur le souvenir d’une après-midi ; Isabelle, la mère, au centre du souvenir de Fermin, mais qui cache elle aussi un lourd secret. Dans sa quête pour blesser sa mère, Raul tombe un jour sur un cahier de dessins que Fermin a envoyé, lorsqu’il était adolescent, à Isabelle. Persuadé qu’elle a fait de cet enfant, aujourd’hui un homme, son unique fils, celui à qui elle donne toute son affectation, Raul prend la route pour revoir Fermin. Dans sa volonté de vengeance, il bouleversera profondément la vie de Fermin. Mais il rouvrira aussi la boîte dans laquelle Isabelle et Fermin avaient rangé leurs souvenirs. L’occasion, quinze ans plus tard, de mettre enfin des mots sur ce qui leur est arrivé.

Ces trois personnages très différents les uns des autres offrent chacun une réflexion différente sur le souvenir et la mémoire. Jouant sans cesse, avec un style très ciselé, entre le présent et le passé, entre la précision de certains souvenirs et le vague de la mémoire, l’auteur nous entraîne dans une belle histoire familiale, bien que tragique. L’apogée de cette réflexion se réalise avec le récit d’Isabelle, qui, à cinquante-quatre ans, effectue pour la première fois un retour sur elle-même, alors qu’elle essaye enfin de se débarrasser d’un souvenir traumatisant. Autre thème : le récit de Fermin est entièrement guidé par sa passion par le vin, l’explication de sa vie et de ses actes revient toujours à une métaphore sur la vigne. Ces passages sont magnifiques, car il s’en dégage une réelle impression de paix intérieure et de sérénité. Malgré cela, j’ai regretté que les personnages ne soient qu’effleurés : on ne saura pas la fin de l’histoire entre Raul et sa mère, alors que c’était le point de départ du roman. Une frustration recherchée peut-être, mais qui laisse un goût d’inachevé.

Ce que j’en fais :

La belle couverture de ce roman m’avait tapée dans l’œil, un beau et court récit, à lire au soleil au milieu des vignes pour en apprécier toute la saveur !!

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