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Mes coups de cœur de 2016

31 décembre 2016

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Je pensais avoir moins lu cette année que les années précédentes, fatigue aidant, mais finalement je me suis bien rattrapée ces dernières semaines ! Même si je n’ai pas lu 60 livres comme prévu, j’en ai lu 44, avec une moyenne de 375 pages / livre (merci Goodreads), ce qui confirme mon goût inaltérable pour les pavés :).

Il y a eu cette année de très belles découvertes, en voici 7 que j’ai souhaité partager avec vous.

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Berezina, de Sylvain Tesson

Dans un grand souffle épique, Sylvain Tesson nous entraîne dans la traversée de l’Europe, de Moscou à Paris, sur les traces de la retraite de la Grande Armée de Napoléon. La plume vive de Sylvain Tesson, qui rejoue en virtuose une partition vieille de deux siècles, mais à sa manière, en side-car, en géographe, en voyageur, en européen, fut un enchantement. Émotion, dépaysement, grandeur et décadence d’une armée de millions d’hommes en déroute. Un roman du souvenir et de la vie. On y trouve de très belles pages sur l’âme russe qui éclairent tout ce que Napoléon n’avait compris de ces peuples slaves, de leur vision du monde et de leurs sacrifices (comme le fut la désertion de Moscou).

A lire en 2017 : Dans les forêts de Sibérie, Sylvain Tesson

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La part des flammes, Gaëlle Nohant

J’ai découvert ce roman après tant d’autres, attendant qu’il sorte en poche et me méfiant toujours un peu de l’engouement général. Et pourtant,… voilà bien longtemps que je n’avais pris autant de plaisir dans un bon roman historique. Alors malgré des personnages parfois un peu simplistes, ce livre restera un excellent moment. Un solide ancrage historique, un événement méconnu à redécouvrir, une intrigue originale, des personnages attachants, et surtout un style vif et alerte, voici à mes yeux tout ce qui fait le sel de ce roman ! Mention spéciale pour la scène de l’incendie du Bazar de la Charité, qui m’a marquée pour longtemps.

La traversée amoureuse, Vita Sackville-West

La traversée amoureuse, Vita Sackville-West

Que serait une année sans Vita ? Encore bravo à Autrement et au Livre de Poche de rééditer progressivement les textes si méconnus de cette auteur chérie ! La plume acérée que l’on connaît habituellement laisse ici la place à une douce mélancolie. Lors d’une croisière autour du monde, un homme tente de se rapprocher d’une femme aimée. Le temps qui passe lentement au rythme du bateau, les fuites et jeux de séduction qui se succèdent ne nous préparent pas au dénouement, qui nous laisse hébété. Voilà encore tout le talent de la romancière anglaise !

A (re)lire en 2017 : Toute passion abolie, Vita Sackville-West

Le monde d'hier, Stefan Zweig

Le monde d’hier, Stefan Zweig

Je vous en parlais ici, ce témoignage de Zweig sur la disparition de l’empire austro-hongrois, la première guerre mondiale, puis l’entre-deux-guerres, a été une vraie claque. Non seulement on y découvre la personnalité de Zweig qui, même s’il se met certainement un peu en scène, fut l’un des premiers intellectuels européens de son temps, ne connaissant pas les frontières et ne comprenant pas les politiques expansionnistes des états. Mais c’est aussi un livre de souvenirs saisissants sur l’éducation de la bourgoisie juive viennoise du début du siècle. Le tout dans une langue fascinante !

A (re)lire en 2017 : La pitié dangereuse, Stefan Zweig ; Vienne au crépuscule, Arthur Schnitzler

La coupe d'or, Henry James

La coupe d’or, Henry James

Avec James, c’est toujours quitte ou double : soit je suis happée immédiatement par le roman, soit j’en reste définitivement en dehors (comme c’est le cas depuis des années pour Portrait de femme, à mon grand regret). Ce choix fut le bon : ce roman est un chef d’oeuvre dont les 750 pages ne m’ont pas du tout semblé trop longues ! Un quatuor s’y donne en spectacle : un riche collectionneur américain et sa fille, qui se sont « offerts » un prince italien déshérité mais fort cultivé comme gendre et époux. Arrive ensuite une amie du couple, ancienne conquête du prince, confidente de la fille, future épouse du père. La situation se complique. Mais tout se joue dans les salons feutrés de l’aristocratie new-yorkaise, encore plus corsetée dans sa sauvegarde des apparences que les sociétés européennes. Trahisons, non-dits, violence des sentiments, l’extrême sensibilité d’Henry James décrit à merveille les combats intérieurs que livrent ses personnages. Un régal !

A lire en 2017 : Les ailes de la colombe, Henry James

La splendeur des âmes, Edith Wharton

Le temps de l’innocence, Edith Wharton

C’était le dernier grand roman d’Edith Wharton qu’il me restait à lire, et pas le moins connu, puisqu’elle en obtint le prix Pulitzer. La grande romancière américaine, « ange de la dévastation » selon Henry James, offre ici avec Chez les heureux du monde un roman moins tragique mais tout aussi maîtrisé. Un homme est partagé entre l’amour de deux femmes que tout oppose, l’innocente et fade May Welland, héritière de la bonne société, et sa cousine la comtesse Ellen, scandaleusement séparée de son mari et réfugiée aux Etats-Unis. La question du divorce et des convenances, la moralité superficielle des mœurs américaines, tout y passe dans cette revue cynique de la famille Archer, mais non dénuée de mélancolie, voire de nostalgie.

Conte de deux villes, Charles Dickens

Un conte de deux villes, Charles Dickens

J’étais plutôt fâchée avec Dickens depuis la lecture ennuyeuse des Grandes espérances. Mais Un conte de deux villes est un roman bien différent dans lequel s’exprime tout le talent de l’auteur anglais. Je vous en parlais dans cet article : j’ai adoré ce roman violent sur le destin d’une famille pendant la Révolution française, entre Paris et Londres. Si l’on retrouve le goût de Dickens pour la description de personnages hauts en couleurs, souvent comiques, le héros principal ici est surtout le peuple, un peuple tantôt doux comme un agneau et compatissant, tantôt brutal et sanglant, qui agit comme une vague emportant tout sur son passage. Un chef d’oeuvre.

A lire en 2017  : Notre ami commun, Charles Dickens

Lectures de 2016

Voilà donc les 7 livres qui ont marqué cette année 2016 ! J’espère que ces quelques mots vous auront donné envie de les découvrir. Je vous souhaite le meilleur pour 2017, de belles lectures, des livres attendus et des découvertes inattendues au détour d’une table de librairie, d’une photo sur instagram ou d’un article de blog. Un livre arrive rarement tout seul, il s’annonce par des avis élogieux, une couverture séduisante, un titre intriguant, mais il reste ensuite une aventure personnelle. Puissiez-vous en vivre plein pour cette nouvelle année !

Bienvenue, 2017 !

Je vous recommande :

4 commentaires

  • Répondre Karine 31 décembre 2016 at 22 h 59 min

    Oh, un conte de deux villes… j’adore ce roman. Et Le monde d’hier. Quel beau souvenir de lecture. J’avais aussi beaucoup aimé La part des flammes! Très beau bilan.

  • Répondre Accalia 1 janvier 2017 at 15 h 51 min

    Un très beau bilan avec de très belles photos en plus! Je suis curieuse de découvrir « La Part des flammes », je pense l’acquérir assez rapidement!

  • Répondre Titine 4 janvier 2017 at 14 h 59 min

    « Le temps de l’innocence  » est le premier roman de Edith Wharton que j’ai lu et il reste mon préféré. Et le film de Scorsese est un véritable bijou si tu n’as pas eu l’occasion de le voir. En 2017, il faudrait vraiment que je me remette à lire avec plus d’assiduité deux de mes chouchous : Dickens et James. Je voudrais aussi lire « La part des flammes », tu vois tu n’es pas la seule à être en retard ! Belle année à toi chère Eliza !

  • Répondre Camilla 20 janvier 2017 at 18 h 18 min

    J’ai aussi beaucoup aimé « La part des flammes » 🙂

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