lectures

Regards sur la rentrée littéraire 2013

18 juillet 2013

Faber, Tristan Garcia Plonger, Christophe Ono-dit-Biot Une part de ciel, Claudie Gallay L'échange des princesses, Chantal Thomas La lettre à Helga, Bergsveinn Birgisson Pietra viva, Léonor de Recondo Esprit d'hiver, Laura Kasischke La confrérie des chasseurs de livres, Raphaël Jerusalmy Le jardin blanc, Stephanie Barron

J’ai décidé cette année de me pencher un peu plus sur la rentrée littéraire ! Voici donc une première sélection de titres, que j’étofferai au fur et à mesure de l’été…

Pietra viva, Léonor de Recondo

Michelangelo, en ce printemps 1505, quitte Rome bouleversé. Il vient de découvrir sans vie le corps d’Andrea, le jeune moine dont la beauté lumineuse le fascinait. Il part choisir à Carrare les marbres du tombeau que le pape Jules II lui a commandé. Pendant six mois, cet artiste de trente ans déjà, à qui sa pietà a valu gloire et renommée, va vivre au rythme de la carrière, sélectionnant les meilleurs blocs, les négociants, organisant leur transport. Sa capacité à discerner la moindre veine dans la montagne a tôt fait de lui gagner la confiance des tailleurs de pierre. Lors de ses soirées solitaires à l’auberge, avec pour seule compagnie le petit livre de Pétrarque que lui a offert Lorenzo de Medici et la bible d’Andrea, il ne cesse d’interroger le mystère de la mort du moine, tout à son désir impétueux de capturer dans la pierre sa beauté terrestre. Au fil des jours, le sculpteur arrogant et tourmenté, que rien ne doit détourner de son oeuvre, se laisse pourtant approcher : par ses compagnons les carriers, par la folie douce de Cavallino, mais aussi par Michele, un enfant de six ans dont la mère vient de mourir. La naïveté et l’affection du petit garçon feront resurgir les souvenirs les plus enfouis de Michelangelo. Parce qu’enfin il s’abandonne à ses émotions, son séjour à Carrare, au cœur d’une nature exubérante, va marquer une transformation profonde dans son œuvre. Il retrouvera désormais ceux qu’il a aimés dans la matière vive du marbre.

Sabine Wespieser.

Esprit d’hiver, Laura Kasischke

Réveillée tard le matin de Noël, Holly se voit assaillie par un sentiment d’angoisse inexplicable. Rien n’est plus comme avant. Le blizzard s’est levé, les invités se décommandent pour le déjeuner traditionnel. Holly se retrouve seule avec sa fille Tatiana, habituellement affectueuse, mais dont le comportement se révèle de plus en plus étrange et inquiétant…

Christian Bourgois éditeur.

L’échange des princesses, Chantal Thomas

En 1721, Philippe d’Orléans est Régent, dans l’attente que Louis XV atteigne la maturité légale. L’exercice du pouvoir est agréable, il y prend goût. Surgit alors dans sa tête une idée de génie : proposer à Philippe V d’Espagne un mariage entre Louis XV, âgé de onze ans, et la très jeune Infante, Maria Anna Victoria, âgée de quatre ans, qui ne pourra donc enfanter qu’une décennie plus tard. Ce laps de temps permet l’espoir d’un « malheur » qui l’assiérait définitivement sur le trône de France… Et il ne s’arrête pas là : il propose aussi de donner sa fille, Mademoiselle de Montpensier, comme épouse au jeune prince des Asturies, futur héritier du trône d’Espagne, pour conforter ses positions. La réaction à Madrid est enthousiaste, et les choses se mettent vite en place. L’échange des princesses a lieu début 1722, en grande pompe, sur une petite île au milieu de la Bidassoa, la rivière qui fait office de frontière entre les deux royaumes. Tout pourrait aller pour le mieux. Mais rien ne marchera comme prévu. Louis XV dédaigne l’Infante perdue dans l’immensité subtile et tourbillonnante du Louvre et de Versailles ; en Espagne, Mademoiselle de Montpensier ne joue pas le jeu et se refuse à son mari, au grand dam de ses beaux-parents Philippe V et Elisabeth de Farnèse. À la fin, un nouvel échange a lieu, beaucoup plus discret cette fois : chacune des princesses retourne dans son pays…

Seuil.

Faber. Le destructeur, Tristan Garcia

Dans une petite ville imaginaire de province, Faber, intelligence tourmentée par le refus de toute limite, ange déchu, incarne de façon troublante les rêves perdus d’une génération qui a eu vingt ans dans les années 2000, tentée en temps de crise par le démon de la radicalité.
«Nous étions des enfants de la classe moyenne d’un pays moyen d’Occident, deux générations après une guerre gagnée, une génération après une révolution ratée. Nous n’étions ni pauvres ni riches, nous ne regrettions pas l’aristocratie, nous ne rêvions d’aucune utopie et la démocratie nous était devenue égale. Nous avions été éduqués et formés par les livres, les films, les chansons – par la promesse de devenir des individus. Je crois que nous étions en droit d’attendre une vie différente. Mais pour gagner de quoi vivre comme tout le monde, une fois adultes, nous avons compris qu’il ne serait jamais question que de prendre la file et de travailler.»

Gallimard.

La lettre à Helga,  Bergsveinn Birgisson

« Mon neveu Marteinn est venu me chercher à la maison de retraite. Je vais passer le plus clair de l’été dans une chambre avec vue plongeante sur la ferme que vous habitiez jadis, Hallgrímur et toi. » Ainsi commence la réponse – combien tardive – de Bjarni Gíslason de Kolkustadir à sa chère Helga, la seule femme qu’il aima, aussi brièvement qu’ardemment, d’un amour impossible.

Et c’est tout un monde qui se ravive : entre son élevage de moutons, les pêches solitaires, et sa charge de contrôleur du fourrage, on découvre l’âpre existence qui fut la sienne tout au long d’un monologue saisissant de vigueur. Car Bjarni Gíslason de Kolkustadir est un homme simple, taillé dans la lave, pétri de poésie et d’attention émerveillée à la nature sauvage.

Ce beau et puissant roman se lit d’une traite, tant on est troublé par l’étrange confession amoureuse d’un éleveur de brebis islandais, d’un homme qui s’est lui-même spolié de l’amour de sa vie.

Zulma.

La confrérie des chasseurs de livres, Raphaël Jerusalmy

Le roman de Raphaël Jerusalmy commence là où calent les livres d’histoire. François Villon, premier poète des temps modernes et brigand notoire, croupit dans les geôles de Louis XI en attendant son exécution. Quand il reçoit la visite d’un émissaire du roi, il est loin d’en espérer plus qu’un dernier repas. Rebelle, méfiant, il passe pourtant un marché avec l’évêque de Paris et accepte une mission secrète qui consiste d’abord à convaincre un libraire et imprimeur de Mayence de venir s’installer à Paris pour mieux combattre la censure et faciliter la circulation des idées progressistes réprouvées par Rome. Un premier pas sur un chemin escarpé qui mènera notre poète, flanqué de son fidèle acolyte coquillard maître Colin, jusqu’aux entrailles les plus fantasmatiques de la Jérusalem d’en bas, dans un vaste jeu d’alliances, de complots et de contre-complots qui met en marche les forces de l’esprit contre la toute-puissance des dogmes et des armes, pour faire triompher l’humanisme et la liberté.
Palpitant comme un roman d’aventures, vif et malicieux comme une farce faite à l’histoire des idées, regorgeant de trouvailles et de rebondissements, La Confrérie des chasseurs de livres cumule le charme et l’énergie de Fanfan la Tulipe, l’engagement et la dérision de Don Quichotteet le sens du suspense d’un Umberto Eco.

Actes Sud.

Plonger, Christophe Ono-dit-Biot

«Ils l’ont retrouvée comme ça. Nue et morte. Sur la plage d’un pays arabe. Avec le sel qui faisait des cristaux sur sa peau.»
Un homme enquête sur la femme qu’il a passionnément aimée. Elle est partie il y a plusieurs mois, pour une destination inconnue, le laissant seul avec leur petit garçon.
Elle était artiste, elle s’appelait Paz. Elle était solaire, inquiète, incroyablement douée. Elle étouffait en Europe.
Pour son fils, à qui il doit la vérité sur sa mère, il remonte le fil de leur amour – leur rencontre, les débuts puis l’ascension de Paz dans le monde de l’art, la naissance de l’enfant – et essaie d’élucider les raisons qui ont précipité sa fin.
Des trésors de la vieille Europe aux mégapoles du Nouveau Monde, du marbre des musées au sable des rivages où l’on se lave de tout, Plonger est l’histoire d’un couple de notre temps. En proie à tous les vertiges d’une époque où il devient de plus en plus difficile d’aimer.

Gallimard.

Le jardin blanc, Stephanie Barron

Et si Virginia Woolf ne s’était pas suicidée le 28 mars 1941 ?

En octobre 2008, Jo Bellamy, jeune paysagiste américaine, arrive à Sissinghurst, dans le Kent, pour étudier le célèbre jardin blanc créé par l’amie de Virginia Woolf, Vita Sackville-West. Un jour après l’annonce de son départ, son grand-père Jock, d’origine britannique, se suicide. Jo découvre qu’il avait lui-même travaillé dans ce jardin pendant la Seconde Guerre mondiale et décide de profiter de son voyage pour comprendre son geste.
À Sissinghurst, Jo découvre par hasard un journal intime parmi les archives des jardiniers. L’étiquette porte le nom de son grand-père, mais, en le déchiffrant, elle doit se rendre à l’évidence : ce journal n’est pas le sien. Soupçonnant son auteur d’être Virginia Woolf, elle file le faire expertiser chez Sotheby’s. Là, on lui concède que le style et les thèmes rappellent en effet Woolf… à un détail près : les dates. Le 28 mars 1941, Virginia a rempli ses poches de pierres avant d’aller se noyer dans l’Ouse. Or le journal commence le 29.
Des détails du journal amènent Jo à jouer avec cette idée : et si Virginia Woolf ne s’était pas suicidée ? Si on l’avait tuée ?
D’Oxford à Cambridge, de demeures prestigieuses en bibliothèques légendaires, dans des jardins dont la splendeur dissimule d’obscurs secrets, Jo traque la vérité sur les derniers jours de la romancière. Mais elle n’est pas la seule, et bientôt le journal est volé…
Un roman à la fois érudit, léger et riche en rebondissements qui ravira les amoureux d’une Angleterre traditionnelle ou le feu couve sous les bonnes manières.

NiL éditions.

Une part du ciel, Claudie Gallay

Aux premiers jours de décembre, Carole regagne sa vallée natale, dans le massif de la Vanoise, où son père, Curtil, lui a donné rendez-vous. Elle retrouve son frère et sa sœur, restés depuis toujours dans le village de leur enfance. Garde forestier, Philippe rêve de baliser un sentier de randonnée suivant le chemin emprunté par Hannibal à travers les Alpes. Gaby, la plus jeune, vit dans un bungalow où elle attend son homme, en taule pour quelques mois, et élève une fille qui n’est pas la sienne. Dans le Val-des-Seuls, il y a aussi le vieux Sam, pourvoyeur de souvenirs, le beau Jean, la Baronne et ses chiens, le bar à Francky avec sa jolie serveuse…
Dans le gîte qu’elle loue, à côté de la scierie, Carole se consacre à une traduction sur la vie de Christo, l’artiste qui voile les choses pour mieux les révéler. Les jours passent, qui pourraient lui permettre de renouer avec Philippe et Gaby un lien qui n’a rien d’évident : Gaby et Philippe se comprennent, se ressemblent ; Carole est celle qui est partie, celle qui se pose trop de questions. Entre eux, comme une ombre, cet incendie qui a naguère détruit leur maison d’enfance et définitivement abîmé les poumons de Gaby. Décembre s’écoule, le froid s’installe, la neige arrive… Curtil sera-t-il là pour Noël ?
Avec une attention aussi intense que bienveillante, Claudie Gallay déchiffre les non-dits du lien familial et éclaire la part d’absolu que chacun porte en soi. Pénétrant comme une brume, doux comme un soleil d’hiver et imprévisible comme un lac gelé, Une part de ciel est un roman d’atmosphère à la tendresse fraternelle qui bâtit tranquillement, sur des mémoires apaisées, de possibles futurs.

Actes Sud.

Je vous recommande :

Pas de commentaires

  • Répondre Alice 18 juillet 2013 at 7 h 50 min

    Je ne m’étais pas encore trop penchée dessus mais tu nous mets l’eau à la bouche!!!

    • Répondre Eliza 18 juillet 2013 at 12 h 46 min

      Lequel te plaît le plus, Alice ?

      • Répondre Alice 18 juillet 2013 at 12 h 50 min

        Jardin Blanc bien sûr! Je vais d’ailleurs avoir la chance de le lire bientôt. Mais sinon j’avoue que la confrérie des chasseurs de livres à l’air bien tentant, ainsi que le Chantal Thomas.

  • Répondre Estellecalim 18 juillet 2013 at 8 h 09 min

    J’ai reçu le Chantal Thomas, il a l’air pas mal. Le Claudie Gallay et le Stephanie Barron me tentent aussi 🙂

    • Répondre Eliza 18 juillet 2013 at 12 h 47 min

      J’irai voir ton avis pour Chantal Thomas alors !

  • Répondre laracinedesmots 18 juillet 2013 at 9 h 03 min

    A la lecture des résumés, il n’y a que le livre de Tristan Garcia qui m’ait tapé dans l’oeil !

  • Répondre Bianca 18 juillet 2013 at 10 h 22 min

    Voilà une sélection très alléchante ! Je suis bien tentée par presque tous ces romans !

    • Répondre Eliza 18 juillet 2013 at 17 h 03 min

      Ahh, en voilà une qui partage mes goûts ! 😉

  • Répondre Titine 18 juillet 2013 at 10 h 23 min

    Ce matin, j’ai vu ton message sur facebook auquel je n’ai pas eu le temps de répondre mais je voulais te conseiller « Le jardin blanc » !

    • Répondre Eliza 18 juillet 2013 at 10 h 25 min

      Virginia Woolf et Vita Sackville-West réunies dans un roman, je n’allais pas rater ça !! 😉

  • Répondre yueyin 18 juillet 2013 at 14 h 20 min

    Un beau programme 😉

    • Répondre Eliza 19 juillet 2013 at 7 h 08 min

      Oui, même si c’est une petite sélection au vu de toutes les sorties !

  • Répondre Alexandra 18 juillet 2013 at 16 h 51 min

    Pietra viva et L’échange des princesses sont très tentants, je dois l’avouer ! Et Le jardin blanc … Pourquoi pas :D.

    • Répondre Eliza 19 juillet 2013 at 7 h 09 min

      Je te reconnais là Alexandra 😉 Je pense que Pietra viva peut être magnifique ! Pour Le Jardin blanc, j’ai vu que plusieurs l’avaient reçu donc on ira voir leurs avis 🙂

  • Répondre marionsurletagere 19 juillet 2013 at 3 h 33 min

    Il va vraiment falloir que je me plonge dans la rentrée littéraire pour voir un peu ce qu’on nous prépare…

  • Répondre Mango 19 juillet 2013 at 4 h 21 min

    Tous me tentent à vrai dire, mais si je devais n’en retenir qu’un ce serait « Le jardin blanc »!

    • Répondre Eliza 19 juillet 2013 at 7 h 14 min

      Oui, je pense qu’il peut être excellent !

  • Répondre Elora 21 juillet 2013 at 20 h 36 min

    Pietra viva, Léonor de Recondo et le dernier Claudie Gallay me font grave envie !!

    • Répondre Eliza 22 juillet 2013 at 17 h 14 min

      Ces deux auteurs me sont inconnues mais leur livre m’intéresse bien ! J’espère avoir l’occasion de les lire 😉

  • Répondre Regards sur la rentrée littéraire... 23 juillet 2013 at 8 h 14 min

    […] Plonger, Christophe Ono-dit-Biot Faber, Tristan Garcia Le jardin blanc, Stephanie Barron La confrérie des chasseurs de livres, Raphaël Jerusalmy Une part de ciel, Claudie Gallay L'échange des princesses, Chantal Thomas …  […]

  • Répondre kathel2 23 juillet 2013 at 13 h 32 min

    Ce sont La lettre à Helga et La confrérie des chasseurs de livres qui me tentent le plus (pour ce dernier, j’ai lu le premier roman de l’auteur, qui était très bien)

  • Répondre Mrs Figg 22 août 2013 at 13 h 18 min

    ça y est ! je viens d’acquérir le Laura Kasischke … Merci pour cette petite présentation !

    • Répondre Eliza 24 août 2013 at 19 h 25 min

      Tu me diras ce que tu en penses ! Je ne pense pas pouvoir tus les acheter 🙁

    Laissez-moi un commentaire !