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Rue des Boutiques Obscures, Patrick Modiano

8 janvier 2016

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Lorsque j’ai découvert l’univers rafraîchissant de Galéa, j’ai aperçu de loin en loin une espèce nouvelle dont je n’avais aucune connaissance : les Modianettes. J’ai souri avec circonspection.

Lorsque Patrick Modiano a reçu le prix Nobel de littérature, je me suis fait la réflexion qu’il était flatteur qu’un Français l’obtienne de nouveau, après tant d’années. J’ai commencé à regarder sa bibliographie.

Lorsque je me suis rendue compte que l’enthousiasme pour Modiano ne faiblissait pas un an plus tard, j’ai décidé de me lancer.

Galéa m’a dit que Rue des Boutiques obscures était son favori. J’ai aimé la couverture, alors le voici !

Par certains côtés, l’écriture de Modiano m’a fait penser à celle d’Hemingway dans L’adieu aux armes : une fausse économie de moyens, une impression de simplicité qui cache une maîtrise impeccable. Guy Roland ne s’est pas toujours appelé Guy Roland. Il a eu une vie, avant, mais il n’en a aucun souvenir.  Longtemps détective privé, il décide de se lancer enfin à la poursuite des bribes de ce passé oublié.

Le héros se retrouve ballotté de témoignage vague en souvenir brumeux. Chaque fois qu’il croit tenir une piste sur son identité, il semble que sa mémoire fait remonter en lui des sensations et des impressions fugitives, dont il découvre peu après qu’elles étaient le fruit, non de sa mémoire, mais de son imagination. S’appelle-t-il Guy, Freddy, Pedro ? Est-il anglais, sud-américain ? Les passeports aux noms exotiques sont riches d’aventures et de secrets probables, mais où est la réalité ?

Quelques photos jaunies dans des boîtes en fer blanc, des visages vieillissants, des numéros de téléphone… l’enquête qui mène le héros par le bout du nez nous révèle la vanité de l’existence : ne sommes-nous donc que la somme des souvenirs que les autres auront de nous ? Et si personne ne se souvient de vous, cela signifie-t-il que vous n’avez pas vécu, aimé, tremblé comme chacun ?

Même si ce roman a une atmosphère et une intention qui nous embarquent, j’ai regretté le foisonnement de questions et l’absence de réponses. Bien sûr, la vie est ainsi. Mais les romans doivent-ils l’être ? Je crois que j’aime autant une bonne histoire avec un début et une fin, pas vous ?

Dans ma liste de lecture 2016 : 

  • un roman conseillé par un ami
  • un roman qui a eu le prix Goncourt

Je vous recommande :

9 commentaires

  • Répondre Lili 8 janvier 2016 at 13 h 23 min

    Je suis un peu embêtée d’avouer que je ne garde aucun souvenir de Modiano, pourtant lu à l’université. Je me rappelle même m’être dit que ce n’était vraiment pas transcendant. Hmm… Je crois que ce qui m’avait laissée dubitative, ce n’était pas tant le problème d’une histoire avec un début et une fin comme toi, mais plutôt cette écriture « avec économie de moyen » qui a le don de m’ennuyer.
    MAIS une de mes bonnes résolutions 2016 consistera à retenter ! Je verrai si mon regard s’est aiguisé ou bien si j’en suis toujours au même point avec Modiano 🙂

  • Répondre Titine 8 janvier 2016 at 14 h 08 min

    « une fausse économie de moyens, une impression de simplicité qui cache une maîtrise impeccable », tu résumes bien ce qu’est le style de Modiano, que j’apprécie tout particulièrement et qu’il a en commun également avec Jean Echenoz. Contrairement à toi, j’aime les questions qui restent sans réponse, ce flou qui entoure le passé de ces personnages. Le passé, le temps qui a passé, l’empreinte que l’on laisse ou non, la place des souvenirs, ce sont des questions qui m’intéressent. Tu comprends donc que je ne pouvais qu’être une Modianette !

  • Répondre Laure 9 janvier 2016 at 19 h 08 min

    Non, ça ne m’a pas dérangée du tout, au contraire, j’ai adoré cette ambiance, ce flou, je pense même que je le relirai un jour, bref, j’ai adoré ce livre !

  • Répondre Sous les galets 11 janvier 2016 at 6 h 55 min

    Tu sais j’ai une nouvelle théorie : je crois que les livres de Modiano se répondent les uns aux autres ! Car je m’aperçois qu’au début de ma découverte de son œuvre j’avais le même sentiment que toi et aujourd’hui j’ai le sentiment qu’il n’y a plus zones d’ombres dans « rue des boutiques » (certes je l’ai lu plusieurs fois).
    Mais tout le monde ne peut pas aimer Modiano autant que moi et je suis toujours émue de savoir qu’on a une pensée pour moi quand on le choisit.
    Ceci-dit la question persistante de savoir ce que l’on est vraiment et de ce qu’on laisse vraiment derrière soi est pour nous (sorties des facs d’histoire) un questionnement fascinant.
    De grosses bises

  • Répondre Alex-Mot-à-Mots 13 janvier 2016 at 9 h 54 min

    L’auteur sait vraiment créer une atmosphère particulière.

  • Répondre Natacha 25 janvier 2016 at 20 h 57 min

    J’ai un roman de l’auteur dans ma PAL, j’ai très envie de découvrir l’atmosphère particulière que sait créer l’auteur. J’espère le lire cette année !

  • Répondre Aurélie 5 février 2016 at 20 h 54 min

    Une comparaison avec Hemingway ? Ce roman pourrait me plaire 😉

  • Répondre La Rousse Bouquine 28 mars 2016 at 15 h 10 min

    Depuis le temps que je me dis qu’il faut que je lise du Modiano ! Ce n’est pas comme si les couvertures de ses livres n’étaient pas belles et que les critiques sur cet auteur sont souvent excellentes… Shame on me !

    Joli blog, au passage 😉

  • Répondre Je lis, donc je suis – Lectures & co 4 janvier 2017 at 11 h 18 min

    […] aimerais tu mourir ? Rue des Boutiques obscures (Patrick […]

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