Tag

auteurs classiques

challenges lectures

Toute passion abolie, Vita Sackville-West

27 janvier 2017

J’ai souvent fait état ici de mon amour inconditionnel pour la plume raffinée, vive et piquante de Vita Sackville-West. Mais je ne vous ai jamais parlé du premier roman d’elle que j’ai découvert : Toute passion abolie (dans la magnifique collection designée par Christian Lacroix pour Le Livre de Poche). Pour le challenge « The life in square » organisé par Plaisirs à cultiver autour du groupe de Bloomsbury, j’ai décidé de le relire.

C’est probablement parce qu’Henry Lyulph Holland, premier comte de Slane, vivait depuis si longtemps, qu’on avait fini par le croire immortel.

Lord Slane a été l’un des personnages les lus éminents d’Angleterre. Fin politicien, vice-roi des Indes, Premier Ministre, il a eu une carrière brillante et longue. Aussi longue que son existence, qui prend fin un beau matin à l’aube de ses quatre-vingt-quatorze ans. Il laisse derrière lui, outre ses six enfants, des petits-enfants et des arrière-petits-enfants, une épouse modèle, Lady Deborah Slane. Une vie passée aux côtés d’un mari aimé et respecté, une vie merveilleuse au fond, faite de réceptions, de brillant et d’hommages appuyés, témoins de l’extraordinaire couple qu’elle formait avec Lord Slane, comme deux vases parfaitement assortis. Ses enfants s’apprêtent à prendre soin de leur mère, mais c’est alors que l’improbable survient : Lady Slane secoue son joug, se débarrasse de ces toiles d’araignée que sont pour elles ses enfants égoïstes et conventionnels, et part vivre seule à Hampstead, dans la banlieue de Londres. Elle y fait la connaissance de quelques personnes tout aussi âgées qu’elle, qui formeront la compagnie de ses vieux jours, une compagnie calme, sans passion, sans faux-semblant.

Qu’ils semblaient loin, ces jours autrefois vécus dans la violence des passions excessives et brûlantes, où le cœur semblait prêt à se briser sous l’assaut de désirs complexes et contradictoires ! Le paysage était désormais monochrome, les traits identiques, les couleurs effacées, les paroles toutes abolies.

Et c’est au moment où Lady Slane se décide à retourner sur les traces de son passé, pour comprendre pourquoi ses désirs de jeune fille – elle voulait être peintre – ont disparu si vite de sa vie, que ces passions qui semblaient enfouies refont surface, avec peut-être plus d’intensité que jamais. Une connaissance qui resurgit du passé, une arrière-petite-fille qui vient demander de l’aide… Lady Slane aurait-elle l’occasion de corriger les sacrifices qu’elle a fait faire à son âme ?

Cette étrange et bien cavalière déclaration d’amour à retardement fit naître des sentiments contradictoires dans le cœur de Lady Slane. Elle offensa sa fidélité à l’égard d’Henry. Dérangea la sérénité de son grand âge. Raviva les tourments de sa jeunesse. Elle la choqua, mais plus encore, lui procura une joie immense.

Ce personnage est fascinant, et la plume délicate et parfois taquine de Vita Sackville-West lui rend parfaitement hommage. Autour de cette vieille dame sage gravitent ses enfants, héritiers, avares, ingrats ou poètes, et une jolie galerie de personnages secondaires tous plus charmants les uns que les autres. La dernière fille de Lady Slane, Edith, m’a fortement rappelé Mrs Dalloway, de Virginia Woolf, car on s’introduit parfois dans son esprit pour y suivre les méandres complexes et décousus de ses pensées.

C’est un roman fin, subtil, un bijou !

 

 

Les autres romans de Vita Sackville-West chroniqués sur le blog :

 

 

challenges lectures

Quatre femmes, quatre héroïnes

20 janvier 2017

J’ai cherché un moyen de vous parler de mes lectures de ces dernières semaines, car elles ont chacune dans son genre été marquantes. Jusqu’à ce que je me rende compte qu’elles avaient un point commun : chaque roman était l’écrin d’un caractère féminin très fort, de femmes libres et indépendantes, amoureuses et amantes. Alors, je vous présente ensemble ces quatre héroïnes :

Corrag

Écosse, XVIIe siècle. Dans une petite ville au bord du loch, figée par la neige, Corrag attend d’être brûlée vive sur le bûcher. Sorcière, a-t-on dit. Impliquée dans le massacre du clan MacDonald à Glencoe, paraît-il. On n’attend que le dégel pour disposer le bois. C’est à cette période que le révérend Charles Leslie vient la voir. Il veut en savoir plus sur les MacDonald. Corrag est prête à parler, jusqu’ici personne ne lui avait rien demandé. Mais avant d’arriver à cet épisode, il devra écouter le récit de sa vie. À peine seize ans, et pourtant Corrag a déjà vécu plusieurs vies, avec sa mère d’abord, puis seule en fuite, enfin dans la vallée de Glencoe. Solitaire, elle ressent avec une acuité profonde les forces de la nature qui l’entoure et tombe immédiatement amoureuse de l’Écosse et ses landes rebelles, ses montagnes qui s’élèvent jusqu’au ciel, ses lacs sans fin. Elle connaît les plantes, elle devient guérisseuse pour le clan.

Le roman alterne la confession de Corrag avec les lettres que le révérend envoie à sa femme. Corrag a le langage du cœur, une prose poétique vibrante et sensuelle. Elle ne croit pas en Dieu, mais en la beauté de la nature et des éléments. Et le révérend, au départ profondément prévenu contre elle, découvre petit à petit l’infini grandeur de son âme. Le style de Susan Fletcher rend ce personnage incroyablement vivant et touchant.

Un bûcher sous la neige, de Susan Fletcher Voir l’article

lectures

Le monde d’hier, Stefan Zweig

16 novembre 2016

Le monde d'hier, Stefan Zweig
Stefan Zweig fait sans aucun doute partie depuis longtemps de mes auteurs favoris. Vingt-quatre heures de la vie d’une femme, Lettres d’une inconnue, Le joueurs d’échecs et tant d’autres nouvelles sont des textes absolument superbes. Le monde d’hier est une oeuvre bien différente. C’est un témoignage rédigé par Stefan Zweig alors qu’il était en exil en Argentine en 1940 (il se suicida avec sa femme quelque temps plus tard). Profondément blessé par la barbarie qui a déferlé sur l’Europe avec l’arrivée au pouvoir d’Hitler et le début de la Seconde guerre mondiale, il a souhaité apporter son récit des bouleversements connus par le continent depuis la fin du XIXe siècle.

On peut facilement oublier de nos jours à quel point le monde a changé à cette période : on pouvait naître au « siècle d’or de la sécurité » dans l’empire austro-hongrois, sous le règne de l’empereur François-Joseph, vieillard vénérable à la tête d’une monarchie séculaire, et comme Zweig terminer sa vie apatride à l’autre bout du monde, chassé de son pays en raison de sa qualité de Juif autrichien, tandis que les colonnes hitlériennes envahissaient la France après avoir ravagé l’Europe centrale. Élevé à Vienne dans une famille bourgeoise, dans le culte de la beauté et des arts, Zweig s’épanouit au milieu d’une génération d’artistes et de grands hommes qui faisaient alors la renommé européenne de Vienne, capitale culturelle des années 1890-1900 au même titre que Paris. On croise dans ces pages Richard Strauss, Hugo von Hofmannstahl, Rainer Maria Rilke, Arthur Schnitzler, Sigmund Freud. La liberté de circuler était si naturelle que Zweig parcourut toute l’Europe avant 1914 et eut l’impression de vivre une apogée :

Je plains tous ceux qui n’ont pas vécu ces dernières années de l’enfance de l’Europe. Car l’air autour de nous n’est pas mort, n’est pas vide, il porte en lui la vibration et le rythme de l’heure. Il en pénètre à notre insu notre sang, il les propage jusqu’au fond de notre cœur et de notre cerveau. Durant ces années, chacun de nous a aspiré en lui la force qu’il tirait de l’élan général de notre époque, et sa confiance personnelle s’est accrue de la confiance collective. Peut-être, ingrats comme le sont les hommes, n’avons-nous pas su alors combien puissamment, combien sûrement nous portait le flot. Mais seul celui qui a vécu cette époque de confiance universelle sait que tout, depuis, a été décadence et obscurcissement.

On découvre à travers ces fréquentations stimulantes comment s’est construite sa carrière littéraire. Après une période poétique, Zweig décida de consacrer son temps aux auteurs qu’il admirait. C’est notamment ce qu’il fit avec Emile Verhaeren, qu’il considérait comme le plus grand poète de son temps et dont il traduisit toutes les œuvres en allemand. Il se sentait si insignifiant face à lui, ou à Romain Rolland, dont il devint un ami proche, qu’il mit du temps à reprendre l’écriture et à publier ses premières nouvelles. Et ce n’est que dans les années 1930 qu’il devint célèbre et que ses propres œuvres connurent un immense succès.

Zweig se définit lui-même comme profondément Européen, avant d’être Autrichien, en un temps où ce mot n’avait aucune réalité tangible. Il était simplement l’expression d’une conscience qui transcendait les frontières, qui se reconnaissait dans les arts et la littérature avant les partis, les nations ou les langues. C’est pourquoi il fut naturellement pacifiste et se réfugia en Suisse pendant la Première guerre mondiale. Jusqu’en 1940, il vécut tous les événements qui suivirent avec une lucidité qui frappe le lecteur contemporain.

Outre la découverte de la personnalité fascinante d’un homme d’une grande intelligence, ce témoignage poignant est écrit avec le style concis et élégant qui caractérise l’écriture de Stefan Zweig. L’émotion qui s’en dégage est très forte et chacun de ces mots résonne avec une étrange nostalgie lorsqu’on pense à l’état actuel de notre monde.

Je savais que de nouveau tout le passé était bien passé, que nous ce qui avait été fait était réduit à néant – l’Europe, notre patrie, pour laquelle nous avions vécu, était détruite pour un temps qui s’étendrait bien au-delà de notre vie.

Le monde d'hier, Stefan Zweig

lectures

Un conte de deux villes, Charles Dickens

13 février 2016

Un conte de deux villes, Charles Dickens

En commençant ce roman de Charles Dickens, j’avais une double appréhension : la première était liée à ma déception à la lecture des Grandes Espérances (rattrapée cependant par Le mystère d’Edwin Drood), la deuxième concernait l’époque à laquelle se déroule le livre, la Révolution Française, époque fascinante s’il en est, mais pas vraiment pour moi.

Bref, le pari était total et pourtant, ce fut un véritable choc et un très grand bonheur de lecture.

L’histoire, ou plutôt le drame, se déroule sur une trentaine d’années entre Londres et Paris : il commence en 1775 et s’achève au plus fort de la Terreur, en 1793. A l’origine de cette histoire, un homme, le docteur Manette, emprisonné à la Bastille pendant toute une vie, et soudainement libéré, un homme « rappelé à la vie ». En clôture du roman, un sacrifice, une mort recherchée pour le bien des autres, un homme s’enfonçant dans les ténèbres de la mort. Voir l’article

lectures

Jude l’obscur, Thomas Hardy

25 octobre 2015

Jude l'obscur, Thomas Hardy

Jude l’obscur est le dernier roman qu’écrivit Thomas Hardy. Il met en scène quatre personnages dont les destins vont s’entrecroiser de manière tragique. Jude, orphelin, est un petit garçon aux joues pâles et aux idées sérieuses élevé par une tante peu amène dans le village de Marygreen. Très sensible à la nature qui l’entoure, profondément bon, enfant appliqué aux leçons de son maître d’école, Mr Phillotson, il découvre un jour les brumes de la ville universitaire de Christminster. Ébloui et émerveillé, il décide de s’instruire seul jusqu’à sa majorité pour pouvoir rejoindre les étudiants des collèges. Avec acharnement, le voilà qui tente d’apprendre le grec et le latin, lit les Pères de l’Eglise et les textes des Anciens. Mais Jude est faible dans sa chair et lorsqu’il découvre les délices d’un sentiment naissant avec la belle et vive Arabella, il laisse de côté ses études… Il ne connaît alors pas encore sa jeune cousine Sue Bridehead. Voir l’article

lectures

La vie d’Arséniev, Ivan Bounine

19 avril 2015

La vie d'Arséniev, Ivan Bounine

Attention coup de cœur !

Avant de parler de ce livre, je voudrais dire un mot sur la collection Biblio du Livre de Poche. Depuis quelques années, cette collection rassemble de grands textes souvent méconnus du domaine étranger, de Vita Sackville-West à Virginia Woolf, en passant par Sandor Marai, Thomas Hardy, Joyce Carol Oates, Henry James… et quelques français, Romain Gary ou Françoise Sagan. Bref, un catalogue pointu servi par de nouvelles couvertures sublimes au toucher velouté. Avis aux amateurs, voici une collection dont j’achète désormais les yeux fermés les nouvelles parutions ! Ivan Bounine m’était donc complètement inconnu jusqu’à ce que La Vie d’Arséniev paraisse dans cette collection. Vous connaissez mon goût pour la littérature russe. La quatrième de couverture évoque « un magnifique et puissant exercice de réminiscence et d’écriture, avec, en toile de fond, un monde destiné à disparaître. » Je découvre que l’auteur fut le premier écrivain russe à obtenir le prix Nobel de littérature en 1933. Ni une ni deux, le voici dans ma PAL. Et quel bonheur !

Mon premier souvenir est quelque chose d’assez ténu, qui me laisse perplexe. Je me souviens d’une grande pièce éclairée par un soleil d’arrière-saison, dont l’éclat sec illuminait le flanc de la colline que l’on apercevait de la fenêtre donnant au midi. C’est tout, un très bref instant. Pourquoi justement ce jour-là, à cette heure-là, en cette minute, en cette occasion particulièrement insignifiante, eut lieu ce premier éclair de conscience, si vif qu’il déclencha l’action de la mémoire ?

Dès les premières lignes, nous voici plongés dans l’enfance d’un cadet de famille noble désargentée, habitant un grand domaine à la campagne proche de l’Ukraine, « l’hiver, un océan de neige à l’infini, l’été, un océan de blé, d’herbes et de fleurs… » Particulièrement sensible à tout ce qui l’entoure, le narrateur nous fait ressentir l’éveil de ses impressions, ses premières peurs, son rapport à la nature, aux personnes qui peuplent la grande ferme de Kamenka. Ses parents ont tout de suite compris qu’il était différent, parce que ses sens sont plus développés, parce qu’il a « une âme de poète« . Longtemps nous restons dans l’enfance et l’adolescence, à caresser du bout des doigts les blés en herbes, à regarder le soleil jouer dans les nuages, à sentir le vent frais des nuits de pleine lune sur nos joues. Bounine est un styliste admirable, dont la foi en la nature sublime chacune de ses observations.

Pendant des heures je regardais virer au violet l’azur sublime du firmament qui, par les chaudes journées, transparaît à contre-jour à travers les cimes des arbres immergées dans le bleu profond du ciel ; et je fus alors saisi et pénétré à tout jamais par le sens réellement divin des couleurs du ciel et de la terre. Ce bleu lilas à travers les branches et le feuillage, je m’en souviendrai encore en mourant…

La mort, sous plusieurs formes, s’invite dans cet univers d’enfant avec violence et là aussi, l’hypersensibilité du narrateur lui fait tout sentir plus intensément que les autres. Face à cet arbitraire, il se réfugie dans la beauté des rites religieux orthodoxes, avec leur icônes d’or et leurs lourds parfums. Chaque expérience est analysée à l’échelle du temps, de l’homme et de son passage sur terre. Les premiers émois de l’adolescence, la pauvreté, la découverte des grands poètes et romanciers russes (Pouchkine, Tolstoï…) puis l’écriture, l’amour, la ville, le voyage, le travail, la politique, et la vanité d’un monde qui a si peu à lui offrir. Avec le temps, le caractère se forge, Arséniev devient impétueux, intransigeant, avec les autres comme avec lui-même, et pourtant il a conscience d’être comme tous les nobliaux russes de cette époque d’avant-guerre, de grands parleurs oisifs et indécis. De temps à autre, une pulsion l’emporte, il se jette dans un train, parcourt le pays, puis revient au domaine familial, épuisé et triste. Seule l’écriture pourrait le sauver. Si seulement il arrivait à écrire… Et cette femme, cette passion dévorante et jalouse…

On ne peut lire La Vie d’Arséniev sans penser à Proust, à cette attention au détail et au cheminement de la pensée, à cette présence au monde qui rend chaque infime détail important. Impossible aussi de ne pas penser à Oblomov, de Gontcharov, figure mythique de la paresse slave. Arséniev n’est pas Gontcharov, il est plus idéaliste, il a des rêves et de l’ambition, mais on a si souvent envie de le secouer, de le jeter hors des chemins ! Cependant c’est là le cœur de l’âme russe et pour entrer dans l’univers de ce roman, il faut laisser à la porte son manteau occidental et accepter la sensualité d’une plume qui vibre à l’unisson d’un peuple chargé d’histoire.

En ces temps fabuleux, en cette Russie à jamais détruite, il était une fois un printemps, il était une fois un jeune homme aux joues de pourpre sombre, aux yeux bleu vif, qui s’acharnait à apprendre l’anglais, et qui jour et nuit s’inquiétait secrètement de son avenir où l’attendaient, croyait-il, toute la beauté, tout le bonheur du monde.

Aleksandra Yegorovna Makovskaya - The Village 1895

Aleksandra Yegorovna Makovskaya, Le Village, 1895

lectures

Père, d’Elizabeth von Arnim

5 septembre 2014

Père, d'Elizabeth von ArnimLorsque la jeune, mais plus si jeune (33 ans), Jennifer découvre un matin dans son salon la jeune, vraiment jeune (20 ans) nouvelle épouse de son père, les perspectives de son quotidien s’en trouvent complètement chamboulées. Depuis dix ans, depuis la mort de sa mère, elle a promis de s’occuper de son père et lui a consacré son temps chaque jour, jusqu’à accepter de renoncer à avoir sa propre vie. Car Père, cet écrivain si célèbre – mais malheureusement si peu lu – a fait de sa fille unique son secrétaire et le soutien nécessaire de ses vieux jours. Jusqu’à ce que…

Jusqu’à ce qu’une belle-mère apparaisse à Jennifer comme tombée du ciel pour s’occuper à son tour de Père. N’est-il pas nécessaire pour elle de laisser seuls les époux ? N’est-il pas temps enfin de vivre sa propre vie ? Ni une, ni deux, Jennifer s’éclipse de la maison familiale et part dans le Sussex à la recherche du bonheur. Elle qui n’a jamais quitté Londres ne rêve que d’un petit cottage à la campagne où elle pourra s’adonner au jardinage. Elle y fait la connaissance d’un jeune clergyman et de sa sœur, deux personnages hauts en couleurs qui vont venir bousculer son rêve bucolique.

De quiproquos en rebondissements, ce roman est une comédie réjouissante et délicieuse. On y rit franchement, de la naïveté de Jennifer, de la mauvaise foi de sa voisine, des désirs de « jeunesse » de Père. Elizabeth von Arnim fait preuve dans ce roman d’une réelle acuité pour aborder le thème de l’indépendance de la femme sous une forme presque picaresque. Jennifer, innocente et inconsciente de la vie malgré son âge, va faire en trois semaines un apprentissage accéléré des affaires du cœur et du balancement de celui-ci avec la raison.

Une bien jolie surprise aux couleurs acidulées, qui confirme à mes yeux tout le talent de cette auteur trop méconnue.

 

Un mot pour finir sur l’édition Archipoche : je suis sincèrement reconnaissante à cet éditeur de notre offrir des perles rares de la littérature anglaise, mais l’édition est truffée de coquilles, ce qui est très désagréable !