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Un conte de deux villes, Charles Dickens

13 février 2016

Un conte de deux villes, Charles Dickens

En commençant ce roman de Charles Dickens, j’avais une double appréhension : la première était liée à ma déception à la lecture des Grandes Espérances (rattrapée cependant par Le mystère d’Edwin Drood), la deuxième concernait l’époque à laquelle se déroule le livre, la Révolution Française, époque fascinante s’il en est, mais pas vraiment pour moi.

Bref, le pari était total et pourtant, ce fut un véritable choc et un très grand bonheur de lecture.

L’histoire, ou plutôt le drame, se déroule sur une trentaine d’années entre Londres et Paris : il commence en 1775 et s’achève au plus fort de la Terreur, en 1793. A l’origine de cette histoire, un homme, le docteur Manette, emprisonné à la Bastille pendant toute une vie, et soudainement libéré, un homme « rappelé à la vie ». En clôture du roman, un sacrifice, une mort recherchée pour le bien des autres, un homme s’enfonçant dans les ténèbres de la mort. Voir l’article

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Les adieux à l’Empire, Olivier Barde-Cabuçon

31 août 2015

Les adieux à l'Empire, Olivier Barde-CabuçonComme je vous le disais dans la présentation de mes lectures de vacances, je n’avais jamais entendu parler de ce livre ni de cet auteur avant de tomber en arrêt devant cette couverture à la librairie. D’un côté, je me suis dit qu’une bonne grosse saga sur l’épopée napoléonienne était, sans le savoir encore, exactement ce dont j’avais besoin pour déconnecter du bureau ; de l’autre, je trouvais cette couverture fantasmagorique osée pour un roman historique. Elle m’intriguait.

Dans l’air glacé vibraient les voix fortes des officiers qui exhortaient leurs hommes. On s’était écrié au matin qu’on allait donner le bal aux Russes, mais ceux-ci donnaient la première mesure. La terre était gelée, les boulets ne s’écrasaient pas, ricochant sur le sol à travers les rangs. Nos bataillons marchaient à la mort et certains d’entre nous croyaient encore que le paradis se trouvait à l’ombre de leur épée.

Je n’étais pas du nombre.

La bataille avait tourné au carnage.

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Le Siècle des Lumières, Alejo Carpentier

21 avril 2014

Le Siecle des Lumieres, Alejo CarpentierJe ne savais quasiment rien de ce livre ni de cet auteur avant de commencer. Quelqu’un me l’avait présenté comme l’un de ses livres préférés (quoi de mieux que le bouche-à-oreille pour se laisser surprendre), la fresque historique d’un écrivain cubain. Je ne regrette pas de m’y être plongée, c’est un chef d’œuvre méconnu.

En 1789, à La Havane (alors possession espagnole), Carlos, Sofia et Esteban sont trois adolescents livrés à eux-mêmes dans une immense maison après la mort de leur père et oncle. Créant par leur imaginaire un monde à part, fait de rêveries, de conquêtes lointaines et de jeux, les jeunes gens voient leur horizon s’élargir avec l’arrivée d’un personnage étrange, Victor Hugues, un Français qui introduit avec lui dans la maison les idées de la Révolution française. Personnage historique, Victor Hugues est le véritable héros de ce roman, mais on le suit à travers les yeux successifs de ses compagnons cubains. Esteban le premier va suivre Victor Hugues en France d’abord, puis en Guadeloupe, où Victor Hugues est nommé gouverneur. Sofia ensuite, attirée par cet homme de pouvoir et d’idéaux, le rejoindra en Guyane.

Cette nuit j’ai vu se dresser à nouveau la Machine. C’était, à la proue, comme une porte ouverte sur le vaste ciel, qui déjà nous apportait des odeurs de terre par-dessus un océan si calme, si maître de son rythme, que le vaisseau, légèrement conduit, semblait s’engourdir dans son rhumb, suspendu entre un hier et un demain qui se fussent déplacés en même temps que nous. Temps immobiles entre l’Etoile Polaire, la Grande Ourse et la Croix du Sud.

On plonge dès les premières lignes dans la prose poétique d’Alejo Carpentier, dense, évocatrice des parfums lourds, des couleurs chatoyantes et de la chaleur moite des îles. On passe tour à tour dans les rues grouillantes du Paris de la Terreur, sur les ponts des goélettes, dans la colonie miséreuse de Cayenne et dans les villages de pécheurs de la Guadeloupe en guerre contre les Anglais.

Il ne faut pas être très avancé dans ce roman pour comprendre que le choix du titre sous-tend le point de vue pris par l’auteur tout au long de cette fresque : comment peut-on appeler « Siècle des Lumières » cette ère où les idéaux autorisent toutes les violences et les revirements ? Comment Victor Hugues lui-même, commissaire de la Convention, puis agent du Directoire et agent du Consulat, peut-il accepter tant de compromissions avec la Liberté, l’Egalité et la Fraternité qu’il a défendues toute sa vie ? Depuis les Antilles où les changements de politique des instances révolutionnaires arrivent avec plusieurs semaines, voire mois de retard, le lecteur suit les péripéties françaises comme dans un miroir déformant. Le héros d’hier tout d’un coup détrôné. La Terreur rouge chassée par la Terreur blanche. Le Consulat suivant le Directoire. Jusqu’au rétablissement brutal de l’esclavage, une mesure si « facile » à prendre depuis la capitale, mais si difficile à appliquer dans les Antilles où la Révolution avait apporté la libération des esclaves noirs. Jusqu’au rétablissement de la foi catholique, après avoir poursuivi les prêtres, contraint à l’athéisme, puis au culte de l’Être Suprême.

« Viens. » Derrière elle, la demeure ancestrale, collée au corps comme une valve ; là-bas l’aube, lueurs d’immensité, hors des cris de marchands et des clochettes des troupeaux. Ici, la vie recluse du quartier, la géhenne des chemins fastidieux du pays où rien ne se passe ; là-bas, un monde épique, habité par des titans. « Viens », répétait la voix.

Un roman passionnant, une façon remarquable de nous raconter l’Histoire, des événements et des lieux méconnus qui nous ouvrent les yeux sur les désordres d’une période pourtant symbolique pour l’histoire de France. Les histories personnelles des trois héros, Victor, Esteban et Sofia se mêlent habilement aux destins des îles. Deux images m’ont marqué durablement : celle d’une guillotine voyageant à la proue d’un navire pour annoncer la Révolution à l’autre bout du monde et celle de vieux fous traînant leurs haillons sur le sol aride de la Guyane, où se mêlent avec ironie les prêtres réfractaires et les révolutionnaires déportés par la Convention.

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L’échange des princesses, Chantal Thomas

28 septembre 2013

Chantal Thomas, L'échange des princessesPrésentation :

En 1721, Philippe d’Orléans est Régent, dans l’attente que Louis XV atteigne la maturité légale. L’exercice du pouvoir est agréable, il y prend goût. Surgit alors dans sa tête une idée de génie : proposer à Philippe V d’Espagne un mariage entre Louis XV, âgé de onze ans, et la très jeune infante, Maria Anna Victoria, âgée de quatre ans – qui ne pourra donc enfanter qu’une décennie plus tard. Et il ne s’arrête pas là : il propose aussi de donner sa fille, Mlle de Montpensier, comme épouse au jeune prince des Asturies, héritier du trône d’Espagne, pour conforter ses positions.
La réaction à Madrid est plus que positive, et les choses se mettent vite en place. L’échange des princesses a lieu début 1722, en grande pompe, sur une petite île au milieu de la Bidassoa, la rivière qui fait office de frontière entre les deux royaumes. Tout pourrait aller pour le mieux. Mais rien ne marchera comme prévu. Voir l’article

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L’allée du Roi, Françoise Chandernagor

7 juillet 2013

L'allée du roi, Françoise ChandernagorPrésentation :

« Je ne mets point de borne à mes désirs », disait Mme de Maintenon.
De sa naissance dans une prison de Niort à sa mort dans le doux asile de Saint-Cyr, de l’obscure pauvreté de son enfance antillaise à la magnificence de la Cour, de la couche d’un poète infirme et libertin à celle du Roi-Soleil, de la compagnie joyeuse de Ninon de Lenclos au parti pris de dévotion de l’âge mûr, quel roman que cette vie !
Dans le personnage et le destin de Françoise d’Aubigné, marquise de Maintenon, qu’on surnomma «la belle Indienne», se reflètent les aspects contradictoires du «Grand Siècle», dissimulés sous l’apparence immuable de la majesté royale.
À partir d’une documentation considérable et en recourant aux nombreux écrits, souvent inédits, de Mme de Maintenon, Françoise Chandernagor a voulu restituer le vrai visage de ce témoin intelligent et sensible. C’est à la découverte d’une femme belle avec esprit, ambitieuse avec dignité, secrète avec sincérité, raisonnable avec passion, que nous entraîne L’allée du Roi. Laissons-nous guider par les confidences de celle qui fut presque reine, tout au long de la fabuleuse ascension qui la mène de la Marie-Galante à Versailles et de Versailles jusqu’à Dieu. Voir l’article

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Les Lames du Cardinal, Pierre Pevel

28 avril 2013

Les lames du cardinal, Pierre PevelPrésentation :

1633, sous le règne de Louis XIII. Le cardinal de Richelieu veille à la bonne marche du royaume de France, de plus en plus menacé par l’Espagne et ses nouveaux alliés : les dragons. Or, à situation exceptionnelle, moyens exceptionnels : le Cardinal se voit contraint de faire appel à une compagnie d’élite qu’il avait lui-même dissoute. Sous le commandement du capitaine La Fargue, les bretteurs les plus vaillants et les plus intrépides que possède le royaume sont ainsi réunis pour former à nouveau les redoutables Lames du Cardinal.

Premier tome d’une série qui rend brillamment hommage aux meilleurs romans de cape et d’épée, Les Lames du Cardinal est une œuvre de fantasy historique remarquable, justement récompensée par le prix Imaginales des lycéens 2009 en France et le Morningstar Award 2010 du meilleur nouvel auteur en Grande-Bretagne, puisque le livre a déjà été traduit en anglais ainsi que dans neuf autres langues. Voir l’article